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13/03/2009

VATICAN : 0 - GODF : 1

Après la calamiteuse affaire de la levée de l'excommunication des évêques intégristes, le pape se justifie par une lettre adressée le 12 mars dernier à ses pairs évêques. Procédure tout à fait inhabituelle qui témoigne de la gravité de la crise dans laquelle la théorie du complot maçonnique pointe le bout de son nez.

Dans cette lettre aux évêques qu'on pourra lire en intégralité ici :

http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/200...

le pape se présente en victime de "certains groupes haineux et intolérants à son endroit et à celui de l'église" en même temps qu'il rejette sur d'autres son erreur d'appréciation de ce qu'est la réalité intégriste et de l'opposition qu'elle suscite dans la catholicité. Il ne s'interdit pas cependant de faire preuve d'un certain cynisme mercantile lorsqu'il évoque l'importance numérique, sous-entendu financière, de la mouvance intégriste sachant que, comme pour d'autres institutions, les finances vaticanes viennent de prendre quelques boulets sous la ligne de flottaison.

Dans le même temps où cette lettre est rendue publique on découvre qu'un dossier "top secret" circule dans les officines vaticanes. Ce dossier dont on trouvera les références ici :

http://forum.pelerin.info//view.php?site=pelerin&bn=p...

retrace l'historique de ce télescopage historique entre une action qui, selon le pape, se veut positive en direction de "l'unité des chrétiens" et l'invraissemblable affaire de l'évêque intégriste négationniste des camps de la mort.

Que dit ce dossier qui concerne les Francs-Maçons? Simplement ceci : Que toutes cette affaire, destinée à pièger le pape, aurait été montée de longue date par une journaliste française, du nom de Fiammetta Venner, présentée comme une activiste connue du mouvement homosexuel, favorable à l'avortement et à la laïcité, intervenante habituée des rencontres sur la laïcité du Grand Orient de France, par ailleurs co-auteur d'un ouvrage défavorable à l'OPUS DEI et à la mouvance intégriste accusée de connexions étroites avec l'extrême droite française, connue pour son fascisme et son anti-sémitisme.

De là la conclusion du dossier : Ce serait en France, c'est-à-dire dans le pays où le « cancer » lefebvriste s'est le plus développé, ouvrant des blessures dans la société et dans l'Église pas encore cicatrisées aujourd'hui, qu'est née la volonté de discréditer Benoît XVI au moment où il prenait une des décisions les plus explosives de son pontificat. Une volonté de discréditer le Pape et, donc, de bloquer le processus déjà difficile de rapprochement avec les lefebvristes à l'Église.

D'où notre titre : VATICAN : 0 - GODF : 1

Est-ce un hasard si l'hebdomadaire LE POINT de cette semaine publie un épais dossier de 7 pages sur les Francs-Maçons dans le gouvernement français et la vie politique. Ce alors qu'il ne consacre qu'une vingtaine de lignes à l'autre calamiteuse affaire de l'excommunication d'une famille et d'une équipe médicale brésiliennes par un pauvre type d'évêque connu pour son opposition farouche à tout ce qui fut l'oeuvre du regretté père Don Helder Camara?

Si le pape veut vraiment, et sans arrière pensée, l'unité des chrétiens qu'attend-il pour annuler sa "Déclaration d'incompatibilité" entre l'église et la FM datée de 1983? Déclaration qui annule les effets des décisions du Concile V.II. Il assurerait ainsi la réintégration des catholiques francs-maçons dans le giron de l'église. Francs-maçons qui sont entre 2 et 3 millions dans le monde? 

 

18/02/2009

Le Franc-Maçon est-il un Utopien qui s'ignore?

La récente affaire de la "levée des excommunications" par Benoît XVI et les remous qu'elle a provoqués dans les milieux catholiques nous a conduit à suivre l'évolution de divers blogs et autres forums d'obédience catholique. Non que nous soyons très concernés par ces décisions papales mais parce qu'elles furent en de nombreuses occasions celle de remuer à nouveau la sauce infernale du chaudron du complot judéo-maçonnique.

A côté des grands organes de presse tels que Le Pèlerin, La Vie, La Croix qui s'efforcent de présenter sur le sujet des dossiers aussi objectifs que possible et, pour cela, sont souvent qualifiés de "presse de gauche, progressiste et moderniste" par tout ce que la catholicité compte de +- intégriste, on trouve de nombreux sites de cette mouvance où le réductionnisme, le révisionnisme, voire le négationnisme, et le culte idolâtre de la papauté romaine se montrent en plein jour accompagnés des habituels refrains anti-maçonniques.

Sur l'un de ces forums nous avons eu l'occasion de suivre les écrits de suppôts d'un catholiscisme crispé sur ses vieilles lunes et rengaines. Opposition frontale où les accusations de collusion entre maçonnerie et nazisme révèlent bien vers quoi penchent les é-mules de l'évêque Williamson. Inclination qui tend à imputer insidieusement à la FM le génocide juif, en raison de la signature d'un accord de coopération entre le régime nazi et le gouvernement français de l'époque qui comptait quelques francs-maçons, ou, à imputer au franc-maçon américain Roosevelt les 100 millions de morts du communisme, au motif qu'il aurait attendu quatre ans après l'ouverture du premier camp de concentration avant d'intervenir contre le nazisme. Et, au passage, à remercier les Japonnais de leur action contre Pearl Abour. Le tout bien sûr en oubliant de mentionner le Concordat du 20 juillet 1933 signé par l'ECAR avec les nazis qui procura à l'église d'Allemagne quelques avantages notables. Concordat, disons plutôt alliance avec le régime,  dont l'un des buts cachés était de faire, avec quelques raisons, obstacle à l'extension du communisme bolchevique. De très nombreux catholiques allemands rachetèrent par leur conduite de résistance exemplaire ce triste épisode.

Beaucoup plus intéressant est le débat entre certains membres d'un de ces forums sur le thème de la levée des excommunications Au départ ce fil se constituait d'échanges, de commentaires sur la décision du pape et le positionnement des intégristes de la FSSPX. Progressivement, par un glissement assez fréquent, on vit apparaître des petits bouts de phrases mettant en cause la FM, puis on commença à parler de la laïcité comme source de tous les maux de la société. On vit sortir des noms : Besancenot, Laguiller..., des juxtapositions hasardeuses comme le nazisme et le sionnisme, le communisme et ses 100 millions de morts comparé aux 6 millions de juifs du nazisme etc...

Et cela continua avec apparition de-ci, de là, d'un discours intégriste pur et dur avec des petites phrases du genre ".../... La Shoah est une conséquence de l’antisémitisme des Lumières.../... Elle est le fruit de la sécularisation encouragée aujourd’hui par certains Juifs.../... Le camp du faux progrès est en train de comprendre que cette réconciliation tant attendue entre catholiques sonne la fin de ses victoires contre la famille (comprendre par ex le divorce, le pacs, l'homosexualité...), la vie (comprendre par ex l'IVG, le droit de mourir dans la dignité...) et la liberté (comprendre par ex : la suppression de l'éducation religieuse obligatoire, la laïcité opposée à la théocratie...)...". Petites phrases qualifiées de "mises au point claires et nettes" précédant de peu une tentative de justification des propos de l'évêque négationniste.

Un seconf fil dérivé du précédent fut ouvert sous l'intitulé "Le revisionnisme communiste". Très intéressant il éclaire bien la manière dont ces révisio-négationnistes procèdent. Ainsi il est fréquent de lire des mises en // macabres opposant les 100 millions de morts du communisme et les 6 millions de juifs condamnés par le nazisme. Comme si le crime de l'un était de même nature que celui de l'autre, comme si les morts de l'un étaient quantité négligeable comparés au nombre des morts de l'autre.

Le procédé est subtil pour qui lit trop rapidement ces textes. Textes qui n'ont qu'un but pour ces catholiques aveuglés par les écrits d'un Léon XIII contre le modernisme, le socialisme, le progrès social... ou par ceux du sinistre évêque Jouin violemment antisémite et anti maçonnerie. Il s'agit en effet rien moins que de faire ressortir l'horreur (réelle) des crimes lénino-marxistes, bolcheviques et staliniens, en guerre ouverte contre l'ECAR, pour banaliser ceux du nazisme avec qui elle a su trouver de nombreux acommodements, comme elle a su en trouver avec les régimes fascistes de Franco, Salazar et récemment Pinochet, quitte à tuer par des mots des lumières comme Mgrs Romero ou Camara et la théologie de la libération ou les prêtres ouvriers.

C'est une de ces macabres comparaisons qui a enclenché la polémique dans laquelle un de nos frères tentait de faire ressortir la différence de nature entre le nazisme et le communisme. Un autre intervenant faisant du nazisme un avatar mineur du bolchevisme dans le but d'en minimiser les horreurs.

S'efforçant de toujours distinguer entre "l'idée" communiste des philosophes les plus éclairés et sa dramatique "application" marxiste-léniniste et bolchevico-stalinienne, notre frère exposait que l'idée du communiste utopique plonge ses racines au plus profond de l'histoire des hommes, se serait nourrie des principes du Christianisme et des Lumières jusqu'à la "rupture de sens" marxiste qui allait aboutir à la dictature du prolétariat, en réalité celle d'une nomenklatura au moins aussi calamiteuse que la précédente tsariste. A l'appui de sa thèse, il faisait état des très nombreuses tentatives de vie communautaire telles que le monachisme, différents phalanstères, les Utopiens qui, à la suite de Thomas More (saint catholique), tentèrent de développer la cité idéale, Gaston Ledoux, génial architecte des Salines Royales d'Arc-et-Senans, Baboeuf... jusqu'au constat établi par de nombreux philosophes matérialistes comme Karl Marx ou Blanqui (à qui l'on doit d'ailleurs l'invention de la formule "lutte des classes") qui constatèrent que cette idée généreuse ne pourrait trouver à se réaliser que par le moyen d'une révolution violente destinée à renverser l'ordre du monde dominé par les grands possédants.

C'est contre cette idée généreuse, mais dévoyée en doctrine violente par le triste constat de l'état de la société, que s'éleva un Léon XIII, pape romain, et que prit corps la pensée catholique formulée dans "La Doctrine Sociale de L'Eglise" qui, sans rien remettre en cause de l'ordre social établi, affirme que "c'est par volonté divine que les puissants le sont et commandent, que les pauvres sont pauvres et doivent remercier Dieu de l'état qui est le leur". Il y a bien sûr de grands passages exaltant les vertus du partage. Mais depuis ces cent dernières années on a vu ce qu'en firent les classes dirigeantes et de quel prix les travailleurs ont payé leurs "acquis sociaux", sans que cela entraine de vigoureuses condamnations de qui s'érige, au dessus de tous,  en conscience du monde.

C'est dans cette volonté de renverser l'ordre du monde de façon violente que réside la "rupture de sens" entre l'idée d'un communiste philosophique, noble, et son application marxiste-léniniste et stalinienne, sauvage, notamment sous l'impulsion des bolcheviques qui conduisit aux 100 millions de morts par la famine, emprisonnement, torture et autres moyens dégradants et criminels.

Autre est l'idée que notre frère se fait de l'origine du nazisme. Ainsi qu'il l'expose cette idéologie est profondément perverse dès son origine car directement inspirée du vieux mythe païen et germanique de la race supérieure, élue, ainsi que de la volonté de refonder la nation allemande humiliée par la défaîte de 1918 et le Traité de Versailles. Et ce quand bien même le national-socialisme traîne derrière lui quelques bribes de politique sociale.

A la différence du communisme utopique, il n'y a pour le nazisme aucune "rupture de sens" entre son idée fondamentale et son application dans les faits puisqu'aussi bien, et par principe, il ne peut y avoir en même temps cohabitation de deux races supérieures, de deux races élues. Ainsi le juif, du peuple de dieu, devient-il d'emblée le "bouc émissaire" chargé de toutes les tares, coupable de tous les maux du monde et par là justiciable (sic) de tous les châtiments, en réalité de tous les crimes même les plus horribles.

Et c'est bien là que s'établit la distinction entre les crimes de masses et de classes commis par les bolcheviques au nom d'une dictature provisoire, au moins dans l'esprit des auteurs communistes et marxisants, nécessaire passage de l'idée à l'application réussie d'une société sans classe, et le génocide conçu, planifié, organisé et conduit par les nazis dont le Reich devait durer au moins 1 000 ans .

Force est de constater que ce n'est pas l'approche de ces intégristes révisionnistes qui amalgament sans distinction l'idée généreuse du communisme idéologique et ses applications désastreuses et font du nazisme un petit frère du communisme idéologique alors qu'il n'est au mieux que l'avorton du bolchevisme. Nous disons "au mieux" car il évident que même cette idée est inexacte puisque l'inspiration paganiste du nazisme n'a rien à voir avec celle du communisme philosophique (qui, rappelons-le ne doit pas être confondu avec ses déviations mauvaises que sont le bolchevisme, le léninisme et le stalinisme).

Le procédé est ici commode pour ceux qui veulent minimiser le génocide juif et le faire passer pour pas grand chose à côté des grands crimes soviétiques. Pour qui s'inscrit, malgré les repentances actuelles, dans la lignée de cette fraction de l'église catholique porteuse pendant près de deux millénaires de l'infâme accusation d'un peuple juif "déicide". Accusation qui est à la source du racisme et du complotisme juif et judéo-maçonnique des temps modernes. Pour qui veut à la suite de l'évêque Williamson faire preuve de réductionnisme voire même de complet négationnisme.

Ici deux questions se posent :

Quand l'église romaine se donnera-t-elle les moyens de réduire au silence ces malades de la conscience lobotomisés par deux millénaire d'évangélisation mal comprise?

Quelle est la position maçonnique sur ces questions touchant aux idées?

Nous laissons à l'église romaine le soin de répondre à la question qui lui revient.

Quant à la seconde il va de soi que, dans ce qui va suivre, nous n'engageons que nous et en aucun cas aucun de nos frères en maçonnerie de quelque appartenance qu'il soit. Cependant, pour ce que nous en connaissons, il est très clair qu'aucun maçon ne peut avoir de sympathie ni pour le nazisme ni pour les déviations bolcheviques, léninistes et staliniennes issues de l'idée du communisme utopique. Aucun d'entre-nous ne peut approuver ni ces régimes ni, et encore moins, leurs crimes.

Mais que peut-il en être de l'idée d'un communiste philosophique d'avant les matérialistes dont le principe est, comme dans le Christianisme, fondé sur le volontariat en vue : de la mise en commun, du partage, de l'exercice de la fraternité?

Se pourrait-il que les francs-maçons réunis en loge sans distinction de classes sociales, entraînés à partager la connaissance, les savoirs, le temps, le silence, le travail, le pain et le vin, à donner à manger à qui a faim, à boire à qui a soif, appliqués à mettre en actes une solidarité active, bien loin du simple copinage, de l'entremise et du lobbying, soient des "utopiens", voire des "communistes utopiques" qui s'ignorent?

Porter au dehors ce que nous recevons au dedans des loges n'est-ce pas chercher à impégner la société des idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, qui sont fondamentalement des valeurs évangéliques et républicaines, afin de parvenir sans violence à cette société idéale dont beaucoup de nos ainés ont tant rêvé? Pour laquelle un grand nombre a donné sa vie?

Le chemin est certes encore long, et nous sommes ouvriers malhabiles, mais, comme le disait un de nos vieux maîtres : "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre" et, chaque jour, de remettre l'ouvrage sur le métier.

 Gardons-nous cependant de céder à la tentation du pouvoir effectif.

C'est en effet par l'exemple que nous devons agir et non par ce qui ne manquerait pas une fois encore de dériver, après l'inéluctable "rupture de sens" entre l'idée et l'application, vers l'absurde et l'horreur. Et ce afin que, jamais, au grand jamais, quiconque puisse dire "qu'un mal affreux est sorti de nos loges et de la société des maçons".

Pour qu'au contraire les hommes soient dans la connaissance qui seule rend libre, dans le partage qui seul rend égaux et dans la fraternité puisqu'aussi bien, et ainsi que le proclament et les Evangiles et la maçonnerie depuis son origine, nous n'avons qu'un seul Père.

Une question demeure : Et Dieu ou le GADL'U:. dans tout ça?

Faisons en sorte que la Sagesse préside à la construction de notre Temple, que la Force le soutienne et que la Beauté l'orne, que l'Amour soit parmi les hommes, que la Paix soit sur terre et que la Joie soit dans les coeurs.

Dieu et le GADL'U:. devraient y trouver leur compte.

 Emmanuel

20/12/2008

Mon curé chez les francs-macs ou p.e les francs macs chez mon curé?

Toute une série d'articles montrant "l'infestation maçonnique" du Vatican et la transformation de l'église latine en "religion maçonnique mondiale".

Le pape Benoît XVI aimablement qualifié "d'abbé apostat Ratzinger".

Plusieurs loges maçonniques seraient en fonctionnement dans l'enceinte même du Vatican. Elles regrouperaient des dizaines de prélats y compris au sein de la Curie?

Plusieurs papes auraient été des élus de la franc-maçonnerie?

Vatican II qui a vu de profondes réformes du droit canonique, dont le quasi abandon des condamnations papales contre la maçonnerie, aurait été un concile "maçonnique"? ..... et beaucoup d'autres énormités de la même eau.

A se demander où Satan (peut être) mais plus sûrement la bêtise humaine va chercher tout ça? Quand on pense que ces gens se disent "chrétiens", disciples d'une religion d'amour. Ce serait à rire si ce n'était à pleurer!!!

 http://www.virgo-maria.org/D-Ratzinger-Plan-FM/index_ratz...

 A lire sur l'étonnant site : http://www.virgo-maria.org/

19/12/2008

BXVI rétropédalage selon Golias

De GOLIAS 18 décembre 2008
Eglise/Franc-maçonnerie : le retour des vieux démons.

Alors que les relations entre l’Eglise catholique et la franc-maçonnerie se déroulaient de manière apaisée depuis plusieurs années, voilà qu’un important responsable de la Curie romaine relance la stigmatisation de l’Eglise catholique contre les « frères de lumière ».

Une nouvelle étape dans la lutte du Pape Ratzinger contre le relativisme.

Les propos récents de Mgr Gianfranco Girotti, secrétaire de la Pénitencerie Apostolique, organisme de la Curie romaine ravive de vieilles polémiques et sans doute parfois d’anciennes inquiétudes.

En effet, le prélat du Vatican a rappelé la position déjà exprimée en 1983 par le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, concernant la franc-maçonnerie : « l’Eglise catholique a toujours critiqué la conception mystique propre à la franc-maçonnerie, la déclarant incompatible avec sa propre doctrine ». Il a dénoncé en particulier le « naturalisme rationaliste qui inspire ses projets et ses activités contre l’Eglise ».

Il met également en garde contre « le climat de secret qui la caractérise ». Selon Mgr Girotti, un franciscain très conservateur qui a travaillé avec le cardinal Ratzinger au Saint Office, ceux qui appartiennent à la franc-maçonnerie « ’prennent le risque de devenir instrument de stratégies qu’ils ignorent ».

En tout cas, selon ce prélat de Curie, non seulement l’adhésion à un loge maçonnique demeure interdite par l’Eglise, mais en plus ceux qui y contreviennent sont en état de péché grave et ne peuvent avoir accès à l’eucharistie.

Cette intransigeance ne présente rien de nouveau. Certes, dans les années soixante dix, de nombreux prélats étaient intervenus pour infléchir la position traditionnelle, soit par des interventions publiques soit à des niveaux plus discrets. Citons en particulier les cardinaux Koenig et Seper. Lors de la rédaction du Code de droit canonique de 1983, un certain nombre d’hommes d’Eglise sont intervenus pour que ne soit pas reconduite l’ancienne peine d’excommunication. En particulier, les cardinaux Casaroli (Secrétaire d’Etat) et Castillo Lara, ou l’alors Mgr Vincenzo Fagiolo. D’un avis différent, le cardinal Ratzinger crut bon quelques mois après de faire paraître un texte rappelant que même si les francs-maçons n’étaient pas excommuniés, pour autant ils étaient en état de péché grave.

A la base, il en va tout autrement : de nombreux croyants catholiques romains fréquentent les loges ; y compris des prêtres et quelques évêques. Dans le passé, plusieurs prélats comme Daniel Pézeril, évêque auxiliaire de Paris, Jean-Charles Thomas, évêque de Versailles ou André Collini, archevêque de Toulouse ou le Père Michel Riquet, jésuite ont entamé un dialogue positif et promu des échanges féconds et amicaux. Dans un livre consacré au sujet par le théologien et historien Jérôme Rousse-Lacordaire, dominicain, Mgr Joseph Doré, archevêque de Strasbourg, sulpicien et lui-même théologien de renom a tenu des propos ouverts et encourageants.

1. UNE HISTOIRE COMPLEXE

Depuis 1738 ( premier texte de condamnation de la part d’un Pape, Clément XII ), les rapports entre l’Eglise et la franc-maçonnerie sont souvent tendus. Pourtant, les raisons véritables du premier conflit n’avait rien de doctrinal, mais de dynastique et de politique : d’obscurs conflits de succession chez les Stuart. On note d’ailleurs en général au XVIIIe siècle le grand flou de l’énoncé des motifs de condamnations.

En 1873 encore, la bulle de Pie IX « etsi multa », condamne moins la maçonnerie elle-même (pour des raisons philosophiques) que des influences politiques qu’elle entend pourfendre (avec l’arrière-pensée selon laquelle il y a un lien de cause à effet entre les actions souterraines de ces courants et les déboires d’un Pape qui a perdu ses Etats Pontificaux).

Le texte le plus dur date de 1884, il s’agit de l’encyclique « Humanum genus » du Pape Léon XIII, par ailleurs homme de culture et intellectuel moins fermé aux questions nouvelles que son prédécesseur (on lui doit justement en 1891 l’encyclique « Rerum novarum » sur les questions sociales).

En fait, là encore, il s’agit plutôt de circonstance lié au contexte spécifique de l’Italie du temps marquée par le combat anticlérical contre la Papauté et le catholicisme. Au fond, la position du Pontife Romain n’a rien d’une sorte de condamnation absolue de la maçonnerie : il s’agit davantage de dénoncer l’anticléricalisme dont firent preuve de fait les loges maçonniques.

D’où au début des années 1970, cette position de trois cardinaux, Joseph Krol, Franz Koenig et Franjo Seper selon laquelle le noyau véritable de l’enseignement du Magistère catholique sur la question n’était pas une condamnation définitive de la maçonnerie et de ses lumières philosophiques, sapientielles et morale mais uniquement de l’orientation anticatholique parfois adoptée. Autrement dit, un catholique peut être maçon s’il ne fait sien l’anticatholicisme.

Le fait que le canon d’excommunication rédigé en 1915 par Benoît XV contre la franc-maçonnerie mentionne les sociétés qui « complotent contre l’Eglise » n’est pas anodin. Je me permets d’ajouter que tel fut l’argument de Mgr Vincenzo Fagiolo, canoniste romain, pour supprimer de l’actuel code de droit canonique l’excommunication en raison de l’appartenance à la maçonnerie.

2. CONSIDERATIONS « THEOLOGIQUES »

Avec un peu d’humour et de sens du relatif, je me permets d’attirer l’attention sur le sens très relatif de la loi dans la mentalité romaine. La référence est répétée, éventuellement avec solennité ou théâtralité d’autant plus qu’elle appelle des exceptions, des accommodements et des contournements.

Nous sommes quant à nous influencés au contraire par un sens de la norme intériorisée. Un exemple : la conduite automobile est différente à Berlin et à Rome ou Naples. Cette considération permet d’emblée de ne pas dramatiser ou prendre forcément au pied de la lettre une prise de position même abrupte.

Plus sérieusement, la tradition chrétienne la plus authentique, y compris catholique, reconnaît un primat de la conscience. A commencer par Saint Thomas d’Aquin, Docteur commun de l’Eglise catholique.

Au XIXe siècle, le cardinal John Henry Newman – dont le procès en béatification est actuellement en cours à Rome – a dit un jour : « je bois à ma conscience et au Pape ensuite ».

Toutes les décisions des officines vaticanes n’ont pas portée d’infaillibilité. La définition de l’infaillibilité de l’Eglise, qui fonde une éventuelle infaillibilité pontificale (discutée par des théologiens comme Hans Küng) ne vaut que pour les éléments essentiels de la foi et en certaines circonstances.

Au quatorzième siècle, le Concile de Vienne a condamné officiellement le prêt à intérêt comme étant toujours un péché mortel. L’Eglise est revenue sur cette position (cf. les banques vaticanes).

Au fil des siècles, les institutions vaticanes ont condamné Galilée, réhabilité par Jean Paul II qui a fait repentance (et déjà en partie par Benoît XIV deux siècles et demi auparavant).

Un croyant éclairé n’a pas peur quelquefois d’être en porte-à-faux avec l’opinion d’un temps des hommes d’Eglise (Jacques Maritain distinguait l’Eglise et son personnel).

Il vaut mieux obéir à Dieu (et la conscience est la première voix de Dieu en nous) qu’aux hommes.

Merci à GOLIAS pour cet édito positif.

Voir aussi les commentaires apportés à cet édito.

http://www.golias.fr/spip.php?article1330#forum4463

13/12/2008

In mémoriam/ Les hommes dans l'horreur nazie

Un de nos correspondants nous transmet ce texte que nous publions bien volontiers. Au delà des faits il témoigne de ce que les hommes peuvent trouver ce qui les relie au plus profond.

Pour mémoire :

« Liberté chérie » est la seule loge maçonnique connue pour avoir fonctionné à l'intérieur d'un camp de concentration nazi pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le 15 novembre 1943, sept francs-maçons belges déportés pour faits de résistance fondèrent la loge maçonnique Liberté Chérie dans le baraquement n°6 du Camp de concentration Emslandlager VII d'Esterwegen. Le nom de la loge fut choisi d'après les paroles du chant La Marseillaise.

Ses sept fondateurs étaient:

Paul H...
Luc S...
Jean De S...
Jean S...
Henry S...
Amédée M...
Franz R...

Par la suite, ils initièrent, puis élevèrent jusqu'au troisième degré le Frère Fernand E... un autre belge.

Paul H... fut élu Vénérable Maître. Les Frères réunissaient la loge dans le baraquement n°6 autour d'une table qui était habituellement utilisée pour le tri des cartouches. Un prêtre catholique** déporté avait accepté de faire le guet afin de protéger leurs réunions.

Le baraquement n°6 était occupé par des prisonniers Nacht und Nebel ("nuit et brouillard") étrangers. Les camps d'Emslandlager étaient un ensemble de camps dont l'histoire est présentée dans l'exposition permanente du centre de documentation et d'information de Papenburg.

Cet ensemble de quinze camps était établi près de la frontière avec les Pays-Bas et étaient administrés depuis Papenburg.

Luc S... décrivit l'initiation d'E... et les autres cérémonies comme étant des plus simples. Ces cérémonies eurent lieu à l'une des tables au moyen d'un rituel extrêmement simplifié dont toutes les composantes furent expliquées au candidat afin que, par la suite, il puisse participer au travail de la loge. Elles furent protégées des regards des autres prisonniers et des surveillants par la communauté de prêtres catholiques qui était déportée dans le même baraquement (note : Luc nous signale qu'il n'y avait qu'un prêtre et non une communauté).

Il y avait plus d'une centaine de prisonniers dans le baraquement n°6, où ils étaient enfermés pratiquement 24 heures sur 24, n'ayant le droit de sortir qu'une demi-heure par jour, sous surveillance. Pendant toute la journée la moitié des prisonniers triait des cartouches et des pièces de radios. L'autre moitié était contrainte de travailler dans des conditions effroyables dans les carrières de tourbe des environs. L'alimentation était si pauvre que les prisonniers perdaient en moyenne 4 kg chaque mois.

Après la première tenue et l'admission du nouveau Frère, d'autres réunions thématiques furent organisées. L'une d'entre-elles fut dédiée au symbole du Grand Architecte de l'Univers, une autre à l'avenir de la Belgique et une autre à la place des femmes dans la franc-maçonnerie. Seuls S... et E... survécurent à la détention et la loge cessa ses travaux en 1944.

Pour en savoir + lire "Le moine et le vénérable" de Christian Jacq. il s'agit d'une autre loge établie dans une forteresse spécialisée où étaient regroupés des membres de diverses sociétés secrètes dans le but de leur arracher leurs secrets (sic).

En hommage à ces frères et aussi à ces prêtres courageux et compréhensifs.

** Voir le commentaire de Luc ci-dessous

Voir également : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2009/01/16/in-mem...