21/05/2014

Lucifer et les Francs-Maçons (suite 1)

Un de nos lecteurs nous écrit en commentaire de notre note sur « Lucifer et les Francs-Maçons » :

http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2010/11/03/lucifer-et-les-francs-macons.html

« Bonjour, je m'appelle Salim et j'aimerai vous contester amicalement, car je ne suis pas d'accord lorsque vous dites : la Franc-Maçonnerie n'adore aucun dieu, ne rend aucun culte, ne délivre aucun sacrement, ne propose aucune forme de salut, de paradis, de récompense ultime.
Car si c'est le cas de certains francs-maçon, ce n'est pas le cas des autres. Certains vouent un culte au grand architecte. (par exemple Sege Moati) Concernant le paradis, les francs-maçons ont le leur (Orient Céleste ou Orient Eternel). il y a aussi les cérémonies religieuses lors des enterrements. la franc-maçonnerie est clairement une religion pour les hauts degrés.
Ce qui m'intrigue, c'est qu'on entend souvent dire que Lucifer a apporté la connaissance à l'homme.
Mes questions seraient alors : à qui l'a-t-il apporté ? quand l'a-t-il apporté ? de quel manière ?
Amicalement
 ».

Tout d'abord ne confondons pas la Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons.

Pour la première nous confirmons ce que nous avons écrit que « la Franc-Maçonnerie n'adore aucun dieu, ne rend aucun culte, ne délivre aucun sacrement, ne propose aucune forme de salut, de paradis, de récompense ultime. ». Et nous mettons au défi quiconque de démontrer le contraire sachant que nos textes sont très clairs « elle ne s'immisce dans aucune controverse politique ou religieuse et elle interdit tous votes ou motions susceptibles de contraindre la conscience ou les opinions des membres ».

Pour les seconds ils sont à l'image des sociétés dans lesquelles ils vivent. Multiples, divers dans leurs croyances, opinions... de même que les organisations maçonniques dont ils sont membres. On trouvera donc des maçons de droite et de gauche rarement aux extrêmes, des maçons qui seront juifs, chrétiens, musulmans (par ordre d'ancienneté de la religion considérée)..., voire pour celle que nous connaissons le mieux, catholiques, orthodoxes, protestants... comme ils pourront être blancs, jaunes, noirs, bistres... C'est là la grande réussite de la maçonnerie que de pouvoir réunir dans les loges des personnes aussi différentes sans qu'elles s'étripent au nom d'un parti, d'une croyance, d'une ethnie... D'où qu'on peut voir lors d'obsèques maçonniques des expressions de foi religieuse.

On trouvera de même des obédiences (réunions de loges) politiquement plutôt à droite et d'autres plutôt à gauche. Les mêmes pouvant imposer la croyance en un dieu révélé et d'autres la laïcité absolue. C'est tout cet ensemble qui constitue la FM dont les principes en matière politique et religieuse sont ceux rappelés ci-dessus, dont chaque membre reste libre de ses choix et engagements dans le respect de ceux des autres membres.

Pour la très grande majorité des maçons le Grand Architecte de l'Univers est un symbole fédérateur dans lequel certains verront le dieu des religions, d'autre un principe créateur, d'autres encore une force, une énergie... le hasard. Ce n'est rien d'autre qu'un support de méditation sur les origines, le sens et la destinée humaine, voire de la création toute entière. Là encore liberté de croire ou non. Respect de la liberté de chacun. La FM de tradition ne définit pas le GADL'U par l'un ou l'autre de ses attributs (c'est là objet de croyances) tout à la fois pour ne pas profaner ce qu'il  serait réellement et que les hommes ne pourront jamais appréhender dans sa totalité, pour ne pas le réduire à des conceptions humaines comme l'Amour, pour respecter la croyance de chacun de ses membres.

Il s'en suit que l'Orient Eternel qui n'est rien d'autre qu'un lieu de passage ne peut pas se comparer au paradis. Ici pas de félicité éternelle, de vision béatifique, de régiments de vierges lascives... mais un retour vers l'origine qui peut être aussi bien un plein qu'un vide, une totalité que le néant... sachant que jusqu'à présent personne n'est revenu pour nous dire ce qu'il en est vraiment. Pour un grand nombre de maçons le paradis et l'enfer sont ici et maintenant. Combattre le vice, l'ambition, l'intolérance, l'ignorance... qui sont des maux infernaux pour l'humanité au profit de l'harmonie, de la paix, de la solidarité... c'est le devoir maçonnique par excellence. On pourrait dire que c'est là la religion du Franc-Maçon.

En ce qui concerne les "hauts grades" beaucoup de sottises sur le sujet. Ces "degrés" (plutôt que grades qui emportent une connotation hiérarchique) ne sont que l'approfondissement progressif des degrés dits "symboliques" (apprentis, compagnons, maitres). Ils ne sont en rien l'expression d'une approche religieuse. La FM de tradition fait clairement mention de Jésus en tant que l'un des grands sages de l'humanité, en tant que porteur d'une bonne nouvelle et initiateur de ce qui est considéré comme "la plus belle religion du monde" (n'oublions pas que les inventeurs de la maçonnerie moderne étaient tous ou presque issus des écoles chrétiennes catholiques ou protestantes) dont la doctrine est fondée sur les trois vertus théologales de Foi, de Charité et d'Espérance ainsi que sur la Connaissance facteur de Liberté, sur le partage facteur d'Egalité et sur la reconnaissance de l'unité de l'humanité facteur de Fraternité. Ceci étant nul culte n'est rendu à l'homme-dieu Jésus (pas de messe, pas d'eucharistie, pas de confession publique ou non...). En aucun cas la FM ne se prononce sur sa résurrection.

Pour comprendre le mystère Lucifer il faut sans doute relire Isaïe. Il en ressort que Dieu est à la fois le bien et le mal, que la mission de l'homme est d'assumer le monde mais qu'il n'a de cesse de trahir cette mission et de s'attirer les foudres divines. Pour que l'homme prenne en charge le monde il fallait qu'il sorte de la vision béatifique du paradis terrestre. Ce fut le rôle de Lucifer que de lui enseigner la science du bien et du mal par la transgression de l'ordre divin. C'est là une approche assez commune aux grandes religions. C'est une conception sur laquelle la maçonnerie ne se prononce pas.

Mais nous savons que l'homme est le produit de l'évolution des espèces. A un moment de cette évolution l'homme a pu prendre conscience de la transcendance (environ -100 000 ans avec le début du culte des morts et des ancêtres). Mais depuis ce temps l'homme a souvent considéré plus expédient de s'intéresser aux choses de la terre plutôt qu'à celles du ciel. Il s'est fait par là oublieux de la mission qui lui aurait été confiée pas le créateur. Il faut probablement voir là l'origine du péché originel romancé dans la Genèse. C'est l'affinement progressif de cette prise de conscience spirituelle qui a conduit au fil des temps à la naissance des grandes religions dont les derniers avatars sont le Christianisme d'une part et l'Islam d'autre part. Chacune ayant les mêmes prétentions hégémoniques. Ce sont ces prétentions le plus souvent obscurantistes que les Francs-Maçons combattent tout en respectant la foi véritable, sincère et désintéressée.

Lire aussi : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2010/11/03/lucifer-et-les-francs-macons.html

28/04/2014

François fais un effort!!!

Très Cher Frère François

Jean 4, 20-21 : "Si quelqu’un dit :’J’aime Dieu’ et qu’il haïsse son frère est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère."

Comment dès lors peux-tu dire que tu aimes Dieu alors que, comme beaucoup de chrétiens, tu n'aimes pas tes frères Francs-Maçons qui sont dans leur majorité des... chrétiens tout comme toi?

Quelque chose t'aurait-il échappé???

14/06/2013

Nouveau merci Mgr Thomas

Relevé sur :
 
Peut-on être chrétien et franc-maçon ?

Le 23 mai, un curé de Haute Savoie a été démis de ses fonctions par l’évêque d’Annecy, Mgr Yves Boivineau, à la demande de Rome. En cause : son appartenance à une loge du Grand Orient de France.

Évêque émérite de Versailles, Mgr Jean-Charles Thomas fait partie des rares à s’être penché sur ces liens conflictuels entre Église et Franc-Maçonnerie. A ses yeux, cette réflexion rend nécessaire un dialogue authentique au plus haut niveau.

« Les hasards du ministère ont mis sur ma route un certain nombre de francs-maçons chrétiens. J’avais 35 ans lorsque l’un d’eux me demanda de l’aider spirituellement à l’approche de la mort. Il m’expliqua qu’il avait, chaque jour de sa vie, prié le Notre Père et m’invita à le faire savoir lors de ses obsèques religieuses devant de hauts représentants de l’éducation nationale. Par la suite, j’ai rencontré de façon suivie d’autres maçons de diverses obédiences. Nous avons même publié une cassette vidéo intitulée Jardin caché résumant ces dialogues. L’un d’eux, aujourd’hui âgé de 93 ans, me disait récemment : ‘‘La maçonnerie fut un moyen de construction spirituelle. Je n’en ai plus besoin. C’est la foi chrétienne qui me fait vivre maintenant.’’ Je reconnais ces faits : ils m’éclairent plus que les débats trop théoriques ayant un faible rapport avec les réalités.

La position romaine n’a pas varié ces dernières décennies. Le 23 novembre 1983, le cardinal Ratzinger est allé très loin en affirmant : ‘‘Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave.’’ Il a précisé le 23 février 1985 : ‘‘Une telle inscription constitue objectivement un péché grave.’’ Pour ma part, j’ai préféré écrire, dans une étude publiée en 1994 à ce sujet : ‘‘Le fidèle éclairé doit réfléchir sérieusement aux risques qu’il court en acceptant l’initiation à une loge maçonnique : il lui appartient, ainsi éclairé, de s’appliquer éventuellement la sanction de ne pas communier s’il a conscience d’avoir librement, volontairement, pris une décision qui le mettait en état de rupture grave avec Dieu.’’

Seul le dialogue peut permettre l’écoute mutuelle

Du 8 mars 1992 au 3 avril 1997, j’ai échangé largement avec le cardinal Ratzinger sur la maçonnerie : la prudence de l’Église vis-à-vis des loges s’explique par le fait que le chrétien y fréquente des personnes de toutes appartenances religieuses, les écoutant sans entrer en débat avec elles, qu’il peut tomber dans le syncrétisme religieux, qu’il y fait un travail de construction spirituelle par ses propres forces et principes, qu’il est susceptible d’y croiser des adversaires fortement opposés aux Églises et à leurs principes religieux, qu’il s’associe à des rites qu’il pourrait confondre avec des sacrements, qu’il peut en arriver à préférer son adhésion maçonnique à sa foi chrétienne…

Le ‘‘secret maçonnique’’ complique les relations ‘‘hors loges’’ et peut donner libre cours à toutes sortes de fantasmes antimaçonniques. Ajoutons qu’historiquement, des açons italiens comme Garibaldi ont affronté le pouvoir pontifical et l’ont privé de ses États en 1870. On ne dépassera jamais le blocage entre l’Église et les loges maçonniques si on en reste à des réflexions théoriques et séparées entre les deux institutions. Seul le dialogue librement consenti entre des responsables de l’Église catholique et des obédiences maçonniques peut permettre l’écoute mutuelle aboutissant à une vraie connaissance réciproque, sans jugement préalable. Des questionnements deviendront possibles. Des constats de différences irréductibles apparaîtront. Alors seulement, on aura les éléments indispensables pour répondre honnêtement à la question de la ‘‘double appartenance’’. » Recueilli par François-Xavier MAIGRE

Ces mots de Mgr Thomas, mis en exergue (couleur gras bleue), ne font que traduire la grande faiblesse de l'église romaine face à la maçonnerie... un total manque de confiance dans la foi de ses fidèles.

Voir aussi : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2013/06/01/merci-...

29/05/2013

CURE ET FRANC-MACON : VIRE DE L'ECAR

Nous relayons ici le communiqué du père Pascal Vesin, curé de Megève et Franc-Maçon, viré de l'église romaine en raison de son appartenance maçonnique. Notre commentaire en suite.

Voir aussi : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2013/06/01/merci-...

"----------------------------------------------------------------"

De toute ma vie de prêtre, je n’ai jamais autant souffert. Ce ministère, pour lequel je suis fait, m’est retiré. Cette Eglise que je veux continuer à servir, j’en suis exclu. Car contrairement à ce que l’on dit, je ne quitte pas l’Eglise ; on me l’a fait quitter, me proposant une peine « médicinale ». Une blessure : Je ne suis pas malade.
Cette peine peut être levée si je quitte la Franc-Maçonnerie.
Je n’ai pas envie de quitter la Franc-Maçonnerie, comme je n’ai pas envie de quitter l’Eglise. Je ne choisis pas la Franc-Maçonnerie contre l’Eglise, je choisis de garder ma liberté de penser. Je suis exclu sur un malentendu, par une autorité romaine qui ne connait pas la maçonnerie et qui a refusé de me recevoir et d’entrer en dialogue. Contrairement à ce qu’affirme le communiqué de l’évêché, on ne m’a jamais demandé de renier les dogmes chrétiens ou ma foi : la totale liberté est laissée à chacun de ses membres de croire ou de ne pas croire. Cette réflexion menée en loge ne renie pas la foi personnelle de ses membres, elle inscrit la démarche de foi dans la sphère privée la plus intime de l’Homme.
Je ne veux pas perdre mon ministère à cause de cette incompréhension ou méconnaissance. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai nié en faire partie lorsque Mgr Boivineau m’a interrogé la première fois en 2010 : de plus je ne voulais pas perdre mon ministère à cause de lettres anonymes envoyées comme à la pire époque de notre Histoire.
Cette discrétion, différente de cette notion de secret qui fait naître tant de phantasmes, à laquelle je tenais, est la preuve que je suis animé d’aucune volonté de prosélytisme.
Mais je ne veux pas me battre par démentis interposés ; je ne veux pas salir l’Eglise, je l’aime, même avec ses limite ; je veux qu’Elle entende les vraies questions qui lui sont posées aujourd’hui.
Un combat : L’ouverture au dialogue.
Je ne me situe pas dans un conflit Eglise-Maçonnerie. Conscient des avancées et de l’évolution de ces institutions, il y a des guerres qui n’ont plus lieu d’être. Si l’Eglise et la Maçonnerie se sont construites, dans l’histoire, en se combattant l’une contre l’autre, ce conflit n’est plus d’actualité. En tous les cas, ce n’est pas mon combat.
Mon combat est celui-ci : ma liberté, la liberté dans l’Institution Eglise.
Je n’absolutise aucune institution humaine, je ne défends pas la Maçonnerie, je défends la pluralité de pensée, le dialogue et l’ouverture. L’Eglise n’est-elle pas née plurielle ? Je n’ai jamais eu de problèmes pour cohabiter, pour dialoguer avec des chrétiens partageant d’autres idées que les miennes, avec des courants de pensée différents dans notre Eglise,…
Pourquoi l’Eglise n’entend-elle pas les questions qui lui sont posées ? Pourquoi l’Eglise semble si loin ? Pourquoi parle-t-elle un langage inaudible, pose-t-elle des actes incompréhensibles ? Ne pourrait-elle pas se servir de ce qui m’arrive (et ce qui arrive malheureusement trop souvent) comme occasion de dialogue, de rencontre ? Pourquoi n’accepte-telle pas ce questionnement sur son ouverture, sur sa tolérance, sur sa capacité à évoluer, à se laisser renouveler ?…
Au moment où une montée de l’obscurantisme, des intégrismes et des fanatismes est indéniable, je pense que l’Eglise devrait être plus ouverte au dialogue.
Puisse ce combat (j’aurais parfois l’envie de parler de « sacrifice », tant cette décision de l’Eglise me déchire) servir ce désir de dialogue et d’ouverture en Eglise.
Une conviction : La liberté de conscience.
Je n’ai pas choisi la Franc-Maçonnerie contre l’Eglise. Je choisis de garder ma liberté de penser et de pensée. Un choix où la liberté individuelle, la conscience et la foi se nourrissent sans s’annuler.
Nous défendons tous les valeurs de l’Évangile, humanistes : la liberté, la vérité, la justice. Notre bouche en est pleine. Et bien souvent, ces valeurs, nous les taisons, nous les prostituons, nous les oublions et nous nous asseyons dessus, au nom du politiquement correct, au nom du bien penser, au nom de la tranquillité. Notre cohérence, notre unité intérieure se trouvent ici questionnées. C’est l’expérience spirituelle, c’est l’expérience de l’Esprit Saint. Jusqu’où, aujourd’hui, pourrai-je défendre la liberté, la justice, la vérité ? Aurai-je le courage d’aller jusqu’au bout de ces valeurs, ce qu’elles me demandent, ce à quoi elles m’appellent, ou bien vais-je rester tiède ? Il nous est écrit, au livre de l’Apocalypse : « Dieu vomit les tièdes ».
La liberté n’est pas un vain mot : elle est une réalité, elle n’existe qu’en acte, elle a un prix. Je suis prêt à le payer. »
Père Pascal VESIN

Courage père Vesin et très cher Frère. Nous sommes avec vous.

Emmanuel

Notre commentaire

Alors qu'il ne semble avoir commis aucune faute dans l'exercice de son ministère, ce prêtre se voit retirer l'exercice de son emploi, sa rémunération (à terme), son logement. Il est d'autre part victime d'une censure publique sur la foi d'une dénonciation calomnieuse. Censure qui équivaut elle-même à une dénonciation calomnieuse puisque son appartenance à la FM serait une "maladie" reconnue par une "peine médicinale". 

L'église romaine en sanctionnant ce prêtre vient de donner, servie sur un plateau doré, la preuve de l'existence d'un "lien de subordination hiérarchique" entre elle et ses prêtres. Autant dire que tous ceux qui sont en délicatesse avec elle en raison des rémunérations ou des retraites ou des conditions de travail ont l'argument clé pour agir aux Prud'hommes. Ils pourront sans grande difficulté y ajouter des motifs liés aux horaires, au non respect des salaires minimaux....

De plus cette punition atteint cet homme, et d'autres, dans ses droits civils reconnus par le droit français. Ce qui autorise à une action au Civil pour atteinte à liberté d'association sur le fondement notable de l'article X de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen qui stipule que "Nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses, dès lors qu'elles ne troublent pas l'ordre public". Et la-dessus nous attendons de grands avocats comme par exemple Maitre C... (par ailleurs figure de proue d'un certain parti politique) qui s'honorerait à défendre gratuitement cet humble prêtre plutôt qu'à faire de l'argent avec des ténors du grand banditisme.

En France notamment le droit d'association, de réunion, d'appartenance... prévaut sur le sol de la République contrairement  à celui qui a cours au Vatican plus prompt à s'associer avec les pires dictatures et à protéger ses criminels sexuels et financiers qu'a soutenir ses prêtres dans la défense des pauvres (condamnation de la théologie de la libération, prêtres ouvriers...), celle des minorités (homosexuels par exemple), celle des opprimés (comme les victimes de trafics et dictatures...).

Eglise romaine qui suit plus volontiers "Frigide" que Soeur Emmanuelle ou l'Abbé Pierre.    Secte vaticane bien plus prompte à condamner qu'à accueillir ce qui lui retire le droit de se dire "catholique".

Nous appelons donc "barjoglio", le pontifex maximus qui n'a pas manqué de connaitre ce cas, à prier ses inquisiteurs de revoir leur copie, non à l'aune de leur vision étroite du sacerdoce, mais à celle bien plus ouverte de l'Humanisme Républicain. 

Et pour finir la dernière de barjoglio (aujourd'hui même à des pélerins français) : N’hésitez pas à la défendre (l'église romaine); n’hésitez pas à vous dépenser pour elle, à vous engager à son service, à la rendre plus fraternelle et plus accueillante.

Côté fraternité et accueil... c'est plutôt râpé!

 

16/03/2013

HABEMUS PAPAM

A peine la fumée blanche avait-elle annoncé l'élection que jaillit le cri de joie multiséculaire de la catholicité : Habemus Papam ! Nous avons un pape !

En quelques minutes il fit le tour du monde et nombreux furent ceux qui, dès lors, attendirent la proclamation du nom et l'apparition de l'élu au balcon du Vatican.

Et l'on vit venir vers la foule le Cardinal Tauran qui eut bien du mal, sans doute en raison de sa maladie, de prononcer le nom imprononçable du nouveau pape : Jorge Mario Bergoglio proclamé sous le nom de François. Moment de surprise générale. L'élu n'était pas celui que tout le monde attendait. C'était au contraire un quasi inconnu un peu gauche, l'air timide, simplement vêtu d'une soutane blanche sans fioritures, qui sacrifia, sans les manières habituelles de la pompe vaticane, au rituel de la première bénédiction.

Très vite on sut que le pape, cardinal JM Bergoglio, est Argentin mais d'origine italienne par ses parents, Jésuite et Archevêque de Bueno-Aires (Très Sainte Trinité et Port de Notre-Dame du Bon Vent selon le nom donné par le fondateur de la ville, Pedro de Mendoza en 1536. Source Wikipédia) après avoir été précepteur de l'ordre des Jésuites en Argentine. Qu'il a été fait cardinal par le pape JPII. On sut également qu'il a la réputation d'être un homme simple, proche du peuple, capable d'exposer sa vie, ne s'embarrassant pas plus que ça de la pompe liturgique et employant un langage direct, compréhensible pas tous.

Mais il ne fallut pas non plus attendre plus de quarante huit heures pour qu'apparaissent les ombres du tableau brossé par la cathosphère. On sut ainsi qu'il est un doctrinaire farouchement opposé au mariage pour tous, à l'homosexualité, à la contraception, à l'avortement, à l'euthanasie... et, dans la ligne JPII et BXVI, à la théologie de la Libération. En somme strictement formaté par le magistère romain et sa « doctrine sociale » qui recommande aux pauvres de remercier Dieu de ses bienfaits et les riches de leurs miettes. Proche des pauvres certes mais peut être pas assez pour leur donner les moyens de la véritable émancipation. Dès lors, est-il étonnant qu'on découvre que l'archevêque Bergoglio aurait été, sinon un proche de la dictature militaire qui fit des ravages en Argentine, du moins, et par son silence, un complice objectif de cette même dictature auquel il aurait lui-même, bien qu'il s'en défende, livré plusieurs prêtres, jésuites comme lui, jugés trop proches de la mouvance révolutionnaire marxisante. Qu'il serait à ce titre dans le collimateur d'un juge français soucieux de l'entendre sur le sort de trois de nos nationaux (2 religieuses et un prêtre) portés disparus et probablement homicidés par la junte militaire.

Avait-il le choix de faire autrement alors qu'il était, à l'époque, en charge de la remise en ordre de la Compagnie de Jésus dans le pays ? Lui seul, car "François Franc-C'est", a la réponse à cette question et seule sa conscience peut l'inciter à faire toute la lumière sur cette période de sa vie et sur ses engagements. En attendant voici un témoignage à décharge :

Par Guy Konopnicki - Marianne - http://www.marianne.net/Le-pape-et-les-complices-de-la-di...

"Qui fut complice de la dictature en Argentine ? Giscard, Brejnev, Castro, la FIFA ou le futur pape François ?.../...

Le père José Mario Bergoglio (futur pape François) n’était pas, alors le chef de l’église d’Argentine. Il le devient en 1998, vingt ans après la Coupe du Monde retransmise en direct par le service public de la télévision française. .../...

Serait-il plus compromis que les instances du football, les télévisions, et les équipes qui ont disputé les matches sur un stade situé à proximité des prisons de la junte ? Plus coupable que les marchands d’armes français, dont certains étaient, aussi des patrons de presse émus aux larmes par la grande fête du football ? Plus coupable que l’URSS offrant des débouchés commerciaux aux régime du général Videla ? .../...

Et si l’élection du pape François était, au contraire, la revanche des religieuses martyrisées par les militaires et des militants chrétiens enlevés par les escadrons de la mort ?.../...

En tout état de cause, les anciens complices français de la dictature de Videla seraient mal venus de chercher querelle à José Mario Bergoglio !"

Voilà en effet des questions qui méritent d'être posées.

Pour notre part notre seule question est celle-ci :

Nous Francs-Maçons avons-nous quelque chose à attendre de ce nouveau pape ?

Au vu de ses orientations doctrinales la réponse est sans doute NON.

Sauf, sauf s'il en venait à imposer une application stricte des dispositions de Vatican II concernant la Franc-Maçonnerie qui ne figure plus dans la liste des institutions condamnées par l'église romaine (canon 1374 : « Qui s'inscrit à une association qui conspire contre l'Église sera puni d'une juste peine ; mais celui qui y joue un rôle actif ou qui la dirige sera puni d'interdit. ») et qu'il prononce l'abrogation de la Déclaration d'Incompatibilité de 1983 signée par JPII et l'alors préfet de l'Inquisition Joseph Ratzinger (qui n'est rien d'autre qu'une référence implicite au canon 2335 de 1917 : « les catholiques affiliés à la Franc-Maçonnerie ou d'autres associations du même genre intriguant contre l'Eglise ou les pouvoirs civils légitimes, encourent "ipso facto" l'excommunication réservée au siège apostolique". »).

Dans l'attente des actes à venir du nouveau pape, et fidèles à notre engagement d'être « amis de tous, du riche comme du pauvre s'ils sont vertueux », nous ferons confiance au bon côté de l'homme à qui nous souhaitons longue vie, prospérité et réussite dans ses projets.

Nous lui adressons donc les trois vœux traditionnels de la Franc-Maçonnerie :

Que la Sagesse préside à la construction de son édifice.

Que la force le soutienne.

Que la Beauté l'orne.