25.08.2009
Les valeurs de la GLNF
Le Grand Maître de la Grande Loge Nationale Française (GLNF) qui a la prétention d'être en France la seule obédience régulière au motif qu'elle impose la croyance en Dieu a déclaré :
« Affirmer davantage les valeurs de spiritualité de la Grande Loge Nationale Française »
« La spiritualité est, de fait, depuis plusieurs décennies, une aspiration forte de nos contemporains. Elle explique notre exceptionnelle vitalité, car nos loges ouvrent chaque soir aux frères, quelles que soient leurs origines ou leurs croyances, les voies de leur réalisation spirituelle dans le respect total des convictions de chacun et dans l’amour de l’autre. Ils viennent, sur nos chantiers, construire ensemble et chercher l’espérance dans un système de valeurs centré sur l’humain de l’Homme ».
Nous sommes heureux de constater que cet irrésistible appel interpelle aujourd’hui le pouvoir politique au plus haut niveau de l’Etat.
La Grande Loge Nationale Française qui est née de cette aspiration profonde, représente seule en France le courant spiritualiste de la Franc-maçonnerie. Elle s’inscrit dans ce courant universel qui fédère cinq millions de Frères dans le monde, animés d’un même idéal et forts de l’héritage spirituel des bâtisseurs de cathédrales.
Nous avons la fierté d’être la première Grande Loge régulière d’Europe continentale – seule reconnue par les 247 Grandes Loges régulières du monde – et d’être la Loge-mère de toutes les Grandes Loges d’Afrique francophone.
Notre Obédience, qui a l‘autorité spirituelle d’un Ordre, bénéficie d’une position particulière dans le paysage maçonnique français. Cela nous conduit aujourd’hui à affirmer davantage notre identité et à faire partager nos valeurs et nos espérances.
J’entends conduire cette indispensable ouverture pour renforcer hors de nos Temples l’influence morale et spirituelle qui est la nôtre et devenir, dans la société française, une force de proposition et d’action ».
Le Grand Maître
source :http://www.glnf.asso.fr/page.asp?pag_n_id=325&mere=15...
Nous passerons ici sur les procès où malheureusement des membres éminents de cette obédience (sans qu'elle soit hélas seule dans ce cas) sont impliqués. Nous passerons également sur les liens de cette obédience avec de douteux potentas africains... afin de ne pas ternir les belles valeurs mises en avant par son Grand Maître qui se montre en la circonstance bien imprudent à l'égard du plus grand nombre des membres de son obédience dont nous savons, nonobstant les interdits et fulminations hiérarco-passéistes, toute la qualité et à l'égard du monde profane qui ne prend plus depuis longtemps "vessies pour lanternes".
Mais nous ne pouvons passer sur cette affirmation de représenter "seule en France le courant spiritualiste de la Franc-maçonnerie" au motif de l'affirmation nécessaire à l'entrée dans les loges de l'obédience de la croyance en Dieu "Grand Architecte de l'Univers" (voir le site GLNF).
A croire que ce GM (Grand Maître, à ne pas confondre avec Gentil Membre) a pour ambition de s'asseoir à côté du pape, voire à sa place puisque celui ci ne cesse de proclamer que son église "détient seule la vérité et est seule d'inspiration divine".
Il y a dans cette affirmation du GM de la GLNF un quadruple mensonge :
- Non son obédience ne représente pas seule le courant spititualiste de la Franc-Maçonnerie en France. Il y a dans le pays d'autres loges où la Bible est ouverte à l'Evangile de Jean, où sont présentes les Trois Grandes Lumières et où l'on travaille "A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers".
- Non cette obédience, la GLNF, n'est pas exonérée des condamnations papales de la FM renouvelées par la Déclaration d'Incompatibilité de 1983 sous la double signature de Jean-Paul II et de Jospeh Ratzinger.
- Non le dieu de la GLNF, Grand Architecte de l'Univers, n'est pas plus le Dieu des croyants chrétiens et musulmans qu'un beurre frais peut être mis en broche ou que le Grand Architecte de l'Univers soit invoqué chaque matin par tout ce que la chrétienté et l'islam... comptent de clercs.
- Oui monsieur le GM de la GNLF votre obédience est, ainsi que nous le reproche l'église romaine dite catholique qui ignore le sens du beau mot de Tolérance, aussi "relativiste" que les autres. La preuve?... Mais votre propre déclaration ci-dessus puisqu'aussi bien vos loges "ouvrent chaque soir aux frères, quelles que soient leurs origines ou leurs croyances, les voies de leur réalisation spirituelle dans le respect total des convictions de chacun et dans l’amour de l’autre".
Vous n'êtes donc en aucune manière fondé à vous prétendre ce que vous dites être.
Vous venez ainsi d'insulter tous les maçons et maçonnes de France et même du monde qui, nous le savons tous, ne sont pas 5 millions dans votre mouvance. Vous venez d'insulter tous les Frères, notez bien que nous n'écrivons pas "vos frères" et toutes les Soeurs qui, non seulement ne défraient pas les chroniques, mais de plus, et parce que c'est leur Devoir, s'efforcent chaque jour de respecter scupuleusement les "Anciens Landmarks".
Vous venez ainsi de botter contre votre camp. Celui des "Hommes et des Femmes libres et de bonnes moeurs également amis du riche et du pauvre s'ils sont vertueux", croyants ou non, respectueux des lois de la République et soucieux du bien vivre ensemble qui est l'esprit de la Laïcité.
D'où la couleur de notre surlignage en forme de CARTON ROUGE
Emmanuel
PS : A propos de la pseudo régularité : Il faut rappeler que l'obédience GLNF qui se dit "régulière" ne l'est que parce qu'elle est reconnue telle par la Grande Loge Unie d'Angleterre qui se prend pour le Vatican maçonnique. En réalité la régularité maçonnique des loges, et partant des obédiences auxquelles elles se rattachent, trouve son fondement :
1- Dans la régularité des rites et de l'observance des Anciens Landmarks (Référence au GADL'U en tant que Principe Créateur, Bible ouverte, présence des Trois Grandes Lumières maçonniques (règle ou Bible ouverte, équerre et compas), élections annuelle des officiers de la loge, composition de la loge...), interdiction de votes et de motions politiques ou religieuses susceptibles de contraindre les opinions des membres (ce qui n'interdit nullement les discussions sur ces sujets dès lors qu'aucune conclusion ou aucun mot d'ordre n'est imposé aux membres).
2- Dans la régularité des membres : initiés selon les règles maçonniques, assiduité et participation active, fidélité au(x) Devoir(s). En tout "hommes d'honneur, bons et loyaux". "Ni athées stupides ni libertins irreligieux".
23:41 Publié dans D1 - Points de vues maçonniques sur la maçonnerie | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : grande loge nationale française, franc-maçonnerie, antimaçonisme
05.08.2009
Pour en finir avec la primauté romaine
Le pape est-il successeur de St Pierre?
Le pape est-il infaillible?
Ces deux questions ont-elles un rapport avec l'antimaçonnisme dont la dénonciation est le but de ce blog? La réponse est oui car c'est en vertu de cette infaillibilité supposée - qui fait en matière de foi le pape égal à Dieu - que l'église romaine dite catholique a lancé ses condamnation entraînant derrière elle tout ce que les religions comptent d'ultras.
On lira donc ici le compte rendu de la vigoureuse protestation que fit un évêque courageux, par ailleurs grand serviteur de son pays, contre la prétention papiste*** au mépris des plus anciennes traditions de l'Eglise, Une, Sainte, Universelle (catholique) et Apostolique qui fut la seule instituée par le fondateur du Christianisme. Protestation d'opposition qui fut faite lors du Concile Vatican I de 1870. Ce prêtre ne fut malheureusement pas suivi et fut contraint, sous la pression de ses pairs, de se renier.
*** Prétention qui est de très loin bien antérieure à la promulgation du dogme en 1870. Elle est, ce que les catholiques romains ignorent généralement, avec l'introduction du "filioque" dans le Crédo Chrétien, une des causes de la séparation de l'Eglise Universelle en églises particulières (romains contre orthodoxes, orientaux... Elle donnera, avec d'autres motifs, naissance au protestantisme).
Il ressort de ce texte que Pierre ne fut jamais pape et ne prétendit pas à ce rôle. Qu'il ne fut pas à Rome et que les citations que font les cathos-clikeurs de l'Evangile pour justifier la primauté de Pierre sont abusives. A titre d'exemple le mot "Cephas", par lequel Jésus aurait renommé Simon, qu'on dit dérivé de l'Araméen "Kepha" dans le Grec et qu'on traduit par "Pierre" (prénom) n'existe pas dans la langue grecque.
Nos lecteurs jugeront.
DISCOURS DE L’ÉVÊQUE STROSSMAYER
AU CONCILE DU VATICAN I
en 1870 (1)
D ‘après une version italienne parue à Florence(2)
Vénérables pères et frères,
Ce n’est pas sans un tremblement, et cependant avec une conscience libre et tranquille devant Dieu qui vit et qui me voit, que j’ouvre la bouche au milieu de vous dans cette auguste assemblée!
Depuis que je siège ici avec vous, j ‘ai suivi avec attention les discours prononcés dans cette salle, espérant avec un grand désir qu’un rayon d’En-Haut pût illuminer les yeux de mon entendement et me permettre de voter les canons de ce Saint Concile Œcuménique en parfaite connaissance de cause.
L’étude de l’Ancien et du Nouveau Testament.
Pénétré du sentiment de ma responsabilité, dont Dieu me demandera un jour compte, je me suis mis à étudier avec la plus sérieuse attention les écrits de l’Ancien et du Nouveau Testament, et j ‘ai demandé à ces vénérables documents de la Vérité de me faire connaître si le Saint Pontife, qui préside ici, est véritablement le Successeur de Saint Pierre et vicaire de Jésus Christ et le Docteur infaillible de l’Église.
Pour résoudre cette grave question, j ‘ai été obligé d’ignorer l’état présent des choses et de me transporter en esprit, avec la torche évangélique en main, aux jours où il n’y avait ni ultramontanisme(3), ni gallicanisme(4) et dans lesquels l’Eglise avait pour Docteurs: Saint Paul, Saint Pierre, Saint Jean, Saint Jacques, Docteurs auxquels personne ne conteste l’autorité divine, sans mettre en doute ce que la Sainte Bible, qui est devant moi, nous enseigne, et ce que le concile de Trente a proclamé comme règle de foi. J’ai donc ouvert ces pages sacrées. Eh bien, oserai-je vous le dire? Je n’ai trouvé, ni de près, ni de loin, ce qui confirme l’opinion des ultramontains.
Et plus encore, à ma grande surprise, je trouve que dans les jours apostoliques, il n’est pas plus question d’un pape successeur de Saint Pierre et vicaire de Jésus Christ que de Mahomet qui n’existait pas encore. Vous, Monseigneur Manning (5) , direz-vous que je blasphème? Vous? Monseigneur Pie (6) , que je suis fou? Non, je ne blasphème pas et je ne suis pas fou. Seulement, ayant lu le Nouveau Testament en entier... je déclare devant Dieu, avec ma main levée vers ce grand crucifix, que je n’ai trouvé aucune trace de la papauté telle qu’elle existe en ce moment. Ne me refusez pas votre attention, mes vénérables frères, et ne justifiez pas par vos murmures et vos interruptions ceux qui disent, comme le Père Hyacinthe(7), que nos votes ont été depuis le début dictés par l’autorité! Si tel était le cas, cette auguste assemblée, vers laquelle sont tournés les yeux du monde entier, tomberait dans le plus honteux discrédit.
Si nous la voulons grande, nous devons être libres! Je remercie Son Excellence Dupanloup(8) pour son signe d’approbation, cela me donne du courage, et je continue...
Jésus Christ n’a donné aucune autorité à Pierre sur les autres apôtres.
En lisant ainsi les livres sacrés, avec cette attention dont le Seigneur m’a rendu capable, je me trouve pas un seul chapitre, ni un seul verset, dans lesquels Jésus Christ donne à Saint Pierre l’autorité sur les apôtres, ses compagnons d’œuvre.
Si Simon, fils de Jonas, avait été ce que nous croyons qu’est Sa Sainteté Pie IX aujourd’hui, c’est extraordinaire que Jésus ne leur ait pas dit: «Quand je serai monté vers mon Père, vous obéirez tous à Saint Pierre, comme vous m’obéissez. Je l’établis comme vicaire de ma Personne sur la terre».
Non seulement le Seigneur est silencieux sur ce point, mais Il pense si peu à donner un chef à l’Eglise, que lorsqu’Il promet à Ses apôtres qu’ils jugeront les douze tribus d’Israël (Matthieu 19:28), Il fait la promesse aux douze, un pour chaque tribu, sans leur dire: parmi ces trônes, l’un sera plus élevé que les autres: celui qui appartiendra à Saint Pierre! Certainement s’Il avait désiré qu’il en soit ainsi, Il l’aurait dit. Que concluons-nous de cette déclaration?
La logique nous dit: Christ ne désirait pas faire de Saint Pierre le Chef du Collège apostolique.
Quand Christ envoya Ses apôtres à la conquête du monde, Il donna à tous la promesse du Saint Esprit. Permettez-moi de le répéter: s’Il avait désiré constituer Pierre comme vicaire, Il lui aurait donné le plus haut commandement sur Son armée spirituelle. Christ, ainsi dit la Sainte Ecriture, défendit à Pierre et à ses collègues de régner ou d’exercer une souveraineté, d’avoir de l’autorité sur les fidèles comme le font les rois des gentils (Saint Luc 22:25).
Si Saint Pierre avait été élu Pape, Jésus n’aurait pas parlé ainsi, parce que, d’après nos traditions la papauté tient dans ses mains deux épées, symboles du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel.
Une chose m’a beaucoup surpris; en la retournant dans mon esprit, je me dis en moi-même: si Saint Pierre avait été élu pape, est-ce que ses collègues auraient osé l’envoyer à Samarie avec Saint Jean pour annoncer l’Evangile du Fils de Dieu?
Que penseriez-vous, mes vénérables frères, si en ce moment, nous nous permettions d’envoyer Sa Sainteté Pie IX et son Excellence Monseigneur Plantier pour aller vers le patriarche à Constantinople, plaider avec lui, afin de mettre fin au schisme oriental?
Mais il y a encore un fait important: un Concile Œcuménique est réuni à Jérusalem pour décider de questions qui divisent les fidèles. Qui aurait réuni ce Concile, si Saint Pierre avait été pape? Saint Pierre. Qui l’aurait présidé? Saint Pierre ou ses légats. Qui en aurait formé ou promulgué les canons? Saint Pierre. Eh bien, rien de ceci ne s’est passé. L’apôtre assiste au Concile comme tous les apôtres; cependant ce n’est pas lui qui fait le résumé, mais Saint Jacques. Et quand les décrets furent promulgués, ils le furent au nom des apôtres, des anciens et des frères (Aptes 15:28). Plus j‘examine toutes ces choses, ô vénérables frères, plus je suis convaincu que dans les Ecritures le fils de Jonas n’apparaît pas comme le premier.
Saint Paul et les apôtres ne parlent pas de papauté.
De plus, alors que nous enseignons que l’Église est bâtie sur Saint Pierre, Saint Paul (dont l’autorité ne peut être mise en doute) dit, dans son Epître aux Ephésiens (2:20), qu’elle est bâtie sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ étant la principale pierre de l’angle.
Et le même apôtre croit si peu à la supériorité de Saint Pierre, qu’il blâme ceux qui disent: Nous sommes de Paul, nous sommes d’Apollos, comme ceux qui disent: Nous sommes de Pierre (1 Corinthiens 1:12).
Ainsi, si ce dernier apôtre avait été le vicaire de Jésus Christ, Saint Paul aurait pris grand soin de ne pas censurer si violemment ceux qui se réclament de ses collègues.
Le même apôtre, résumant les ministères dans l’Église mentionne: les apôtres, les prophètes, les évangélistes, les docteurs et les pasteurs (1 Corinthiens 12:18).
Pourriez-vous croire, mes vénérables frères, que Saint Paul, le grand apôtre des nations, aurait oublié le premier ce ces ministères, si la papauté avait été une institution divine? Cet oubli me paraît aussi impossible que si un historien de ce Concile devait ne pas mentionner le nom de Sa Sainteté PieIX
(Différentes voix: «Silence hérétique! Silence!»)
Calmez-vous, mes frères, je n’ai pas encore fini; si vous me défendiez de poursuivre, vous agiriez mal à la vue du monde entier, en fermant la bouche au membre le plus humble de cette assemblée.
Je continue. L’apôtre Paul ne fait pas mention de la suprématie de Saint Pierre dans ses lettres aux différentes églises. Si cette primauté avait existé, si en un mot l’Eglise avait dans son corps un chef suprême, infaillible, dans son enseignement, est-ce que le grand apôtre aurait oublié de le mentionner? Que dis-je, il aurait écrit une longue lettre sur ce sujet de première importance. Alors pourquoi le fondement, la clef de voûte a-t-elle été oubliée, quand l’édifice de la doctrine chrétienne était en train de s’ériger?
A moins que vous acceptiez que l’Église des apôtres était hérétique, ce qu’aucun de vous ne voudrait faire ou n’oserait dire. Nous sommes obligés de confesser que l’Eglise n’a jamais été plus belle, plus pure et plus sainte que dans les jours où ii n’y avait pas de pape.
(Cris: «Ce n’est pas vrai! Ce n’est pas vrai!»)
Ne dites pas non, Monseigneur de Lavai, car si l’un de vous, mes vénérables frères, osait dire que l’Eglise qui a aujourd’hui un pape à sa tête a plus de foi, est plus pure dans sa morale que l’Eglise apostolique, qu’il le dise ouvertement, puisque de cette enceinte nos paroles volent d’un pôle à l’autre.
Je continue. Ni dans les écrits de Saint Paul, ni dans ceux de Saint Jacques ou de Saint Jean je n’ai trouvé la moindre trace ou le moindre germe d’autorité papale. Saint Luc, l’historien missionnaire des travaux des apôtres, est silencieux sur ce point si important. Le silence de ces saints hommes dont les écrits font partie du canon des Ecritures divinement inspirées, m’est toujours apparu comme un obstacle insurmontable, comme une impossibilité aussi injustifiable, si Saint Pierre avait été pape, que si Thiers, écrivant l’histoire de Napoléon Bonaparte avait omis le titre d’Empereur.
Je vois ici devant moi un membre de l’assemblée qui dit, en me montrant du doigt: «C’est un évêque schismatique qui a pénétré parmi nous sous de fausses couleurs». — Non, mes vénérables frères, je ne suis pas entré dans cette auguste assemblée comme un voleur, par la fenêtre, mais par la porte; mon titre d’évêque m’en a donné le droit, comme ma conscience de chrétien me force de dire ce que je crois être vrai.
Le silence de Saint Pierre
Ce qui m’a le plus surpris et ce qui a le plus grand poids dans cette démonstration, c’est le silence de Saint Pierre.
Si l’apôtre avait été ce que nous proclamons qu’il fut, c’est-à-dire le vicaire de Jésus Christ sur la terre, il l’aurait sûrement su, et s’il l’avait su, comment peut-il se faire qu’il n’ait jamais agi une seule fois comme un pape? Il aurait pu le faire le jour de la Pentecôte, quand il prononça son premier sermon, et il ne le fit pas, ni dans les deux lettres adressées à l’Eglise. Pouvez-vous imaginer un tel pape, mes frères, si Saint Pierre avait été pape?
Alors si vous voulez maintenir qu’il était le pape, vous devez maintenir aussi comme conséquence naturelle qu’il était ignorant du fait qu’il l’était. Maintenant je demande à quiconque a une tête pour penser et un esprit pour réfléchir: ces deux suppositions sont-elles possibles?
En retournant, comme je l’ai dit, au temps où l’apôtre vivait, l’Église ne pense jamais qu’il pouvait y avoir un pape; pour maintenir le contraire, il faudrait que les Ecrits sacrés aient été rejetés ou soient entièrement ignorés.
Saint Pierre à Rome.
Mais on dit de tous côtés: Est-ce que Saint Pierre n’est pas allé à Rome? Ne fut-il pas crucifié la tête en bas? N’y a-t-il pas dans cette ville éternelle la chaire où il a enseigné? les autels devant lesquels il a dit la messe?
Le fait que Saint Pierre a été à Rome, mes vénérables frères, ne repose que sur la tradition. Mais même s’il avait été évêque de Rome comment pouvez-vous par cet épiscopat prouver sa suprématie? Scaliger(9) , un des hommes les plus érudits, n’a pas hésité à dire que l’épiscopat de Saint Pierre et sa résidence à Rome devaient être classés parmi les légendes ridicules.
(Cris répétés: «Fermez-lui la bouche, fermez-lui la bouche, faites-le descendre de la tribune!»)
Mes vénérables frères, je suis prêt à me taire, mais n’est-ce pas mieux dans une assemblée comme la nôtre, d’éprouver toutes choses et de retenir ce qui est bon! Mes vénérables frères et amis, nous avons un dictateur devant lequel nous devons nous incliner et être silencieux, fût-ce même Sa Sainteté Pie IX: c’est l’histoire. Elle n’est pas semblable à une légende qu’on peut fabriquer, comme le potier pétrit l’argile, mais elle est comme un diamant, qui laisse sur la vitre une trace qui ne peut être effacée.
Jusqu’à présent, je me suis appuyé sur elle, et si je n’ai pas trouvé trace de la papauté aux jours apostoliques, c’est sa faute et non la mienne.
Voulez-vous me placer dans la position de quelqu’un accusé de fausseté? Vous êtes en droit de le faire, si vous le pouvez.
J’entends à ma droite ces paroles: «Tu es Pierre et sur ce roc je bâtirai mon Église» (Matthieu 16:15). Je répondrai à cette objection, mes vénérables frères, mais avant de le faire, je désire présenter le résultat de mes recherches historiques.
Dans les quatre premiers siècles
Ne trouvant pas trace de la papauté aux jours des apôtres, je me dis que je trouverais ce que je cherche dans les annales de l’Eglise. Eh bien je le dis franchement: j’ai cherché un pape dans les quatre premiers siècles et je ne l’ai pas trouvé.
Aucun de vous, je l’espère, ne mettra en doute la grande autorité du saint Évêque d’Hippone: le grand Saint Augustin.(10)
Ce pieux docteur, l’honneur et la gloire de l’Église catholique, était secrétaire au Concile de Milève(11). Dans le début de cette assemblée on trouve des mots significatifs: «Quiconque veut en appeler à ceux qui habitent au-delà de la mer ne sera reçu en communion dans aucune Eglise en Afrique.» Les évêques d’Afrique reconnaissaient si peu l’évêque de Rome, qu’ils frappaient d’excommunication ceux qui voulaient avoir recours à lui.(12)
Ces mêmes évêques au XXe Concile de Carthage, tenu sous Aurelius, évêque de cette cité, écrivaient à Célestin, évêque de Rome(13), pour l’avertir de ne pas recevoir d’appels des évêques, prêtres ou clercs d’Afrique; de ne pas envoyer de légats ou de commissionnaires, et de ne pas introduire la vanité humaine dans l’Eglise.
Le fait que le patriarche de Rome avait essayé, dès les temps anciens d’attirer à lui toute l’autorité, est un fait évident, mais un fait non moins évident, c’est qu’il n’avait pas la suprématie que les Ultramontains lui attribuaient. S’ils l’avaient possédée, est-ce que les évêques d’Afrique, Saint Augustin parmi eux le premier, auraient osé prohiber les appels de leurs décrets à son tribunal suprême?
Je confesse sans difficulté que le patriarche de la Rome ancienne tenait la première place. Une des lois de Justinien disait: «Nous ordonnons, d’après la définition des quatre Conciles, que le saint pape de Rome soit le premier des évêques et le très saint archevêque de Constantinople, qui est la nouvelle Rome soit le second».
Inclinez-vous alors devant la suprématie du pape, me direz-vous. Ne courez pas si vite à cette conclusion, mes vénérables frères, attendez ce que la loi de Justinien a écrit sur ce fait: «Dans l’ordre des sièges des patriarches, la prééminence donnée au primat est une chose, le pouvoir et la juridiction en est une autre».
Par exemple, supposons qu’à Florence il y ait une assemblée de tous les évêques du Royaume, la prééminence serait donnée au primat de Florence, comme parmi les Orientaux, elle serait accordée au patriarche de Constantinople, de même qu’en Angleterre, à l’archevêque de Canterbury. Mais ni le premier, ni le deuxième, ni le troisième n’aurait déduit de la position qui lui est assignée, un droit de juridiction sur ses collègues.
L’importance des évêques de Rome ne procédait pas d’un pouvoir divin mais de l’importance de la ville dans laquelle ils avaient leurs sièges. Monseigneur Darboy(14) n’est pas supérieur en dignité à l’archevêque d’Avignon; mais en dépit de cela, Paris lui donne une considération qu’il n’aurait pas s’il avait son palais au bord du Rhône au lieu de l’avoir au bord de la Seine. Ce qui est vrai dans l’ordre religieux, l’est aussi dans les sujets civils et politiques; le préfet de Rome ne l’est pas davantage que celui qui est à Pise; mais civilement et politiquement il a une plus grande importance;
J’ai dit que dès les premiers siècles, le patriarche de Rome aspirait au gouvernement universel de l ‘Eglise.
Malheureusement il ne fut pas loin d’y arriver, mais il ne réussit pas dans ses prétentions, car l’empereur ThéodoseII fit une loi par laquelle il établit que le patriarche de Constantinople devait avoir la même autorité que celui de Rome (Leg. cod. de sacra., etc.).
Les Pères du Concile de Calcédoine placèrent les évêques de la nouvelle et ancienne Rome sur un pied d’égalité, pour toutes choses, même au point de vue ecclésiastique (Canon 28).
Le VIe Concile de Carthage défendit à tous les évêques de prendre le titre «Évêque UNIVERSEL» ou de «Prince des évêques» ou de «Prince souverain».
Quant au titre d’Évêque UNIVERSEL que les papes prirent ensuite, Saint Grégoire, croyant que ses successeurs ne penseraient jamais à se l’attribuer, écrivit des paroles remarquables: «Aucun de mes prédécesseurs n’ a consenti à prendre ce nom profane, car lorsqu’un patriarche se donne à lui-même le nom d’universel, il en reçoit du discrédit, que les chrétiens s’abstiennent du désir de se donner un titre, eux-mêmes, qui apporte du discrédit sur les frères».
Les paroles de Saint Grégoire sont destinées à ses collègues de Constantinople qui prétendaient être les primats de l’Église.
Le pape Pélage II appelle Jean, évêque de Constantinople, impie et profane parce qu’il aspirait à la plus haute prêtrise. Ne vous souciez pas, disait-il, du titre d’universel que Jean a usurpé illégalement. Qu’aucun des patriarches ne prenne ce nom profane car quel malheur ne devrons-nous pas attendre, si de tels sentiments s’élèvent parmi les prêtres? Ils obtiendraient ce qui leur a été prédit: «Il est le roi des fils de l’orgueil» (Pélagius II, Lettre 13).
Ces autorités (et je pourrais en ajouter une centaine de même valeur), ne prouvent-elles pas avec une clarté égale à la splendeur du soleil à midi, que les premiers évêques de Rome ne furent reconnus que beaucoup plus tard comme évêques universels et chefs de l’Eglise?
D’un autre côté, qui ne sait que depuis l’année 325 dans laquelle fut tenu le premier Concile de Nicée, jusqu’en 580, l’année du deuxième Concile œcuménique de Constantinople, parmi plus de 1109 évêques qui assistèrent aux six premiers Conciles généraux, il n’y eut pas plus de 19 évêques occidentaux? Qui ne sait pas que les Conciles étaient convoqués par les empereurs, sans en informer l’évêque de Rome et souvent contre son désir? Que Hosius, évêque de Cordoue, présida le premier Concile de Nicée et en édita les canons. Le même Hosius présida ensuite le Concile de Serdica(15) en excluant les légats de Jules Ter, évêque de Rome.
Tu es Pierre
Je n’en dis pas plus mes vénérables frères et j’en viens maintenant au grand argument qui a été mentionné auparavant: établir la supériorité de l’évêque de Rome par le roc (pétra (16). Si cela était vrai, la dispute prendrait fin, mais les Pères de l’Eglise ne pensaient pas à ce sujet comme nous le faisons,
— et ils en savaient certainement quelque chose. Saint Cyril dans son quatrième livre sur la Trinité dit: «Je crois que par le roc vous devez comprendre la foi inébranlable des apôtres.»
Saint Hilaire, évêque de Poitiers, dans son deuxième livre sur la Trinité, dit «le roc (pétra) est le seul roc béni de la foi (confessionnelle) confessé par la bouche de Saint Pierre». Et dans le sixième livre sur la Trinité, il dit: «C’est sur ce roc de la confession de foi que l’Eglise est bâtie».
«Dieu, dit Saint Jérôme dans le sixième livre sur Matthieu, a fondé son Église sur le roc et c’est de ce roc que l’apôtre a été nommé».
Après lui, Saint Jean Chrysostôme, dans sa cinquante-troisième homélie sur Saint Matthieu: «Sur ce roc je bâtirai mon Eglise, c’est-à-dire sur la foi de la confession». Alors qu’était la confession de l’apôtre? La voici: «TU ES LE CHRIST, LE FILS DU DIEU VIVANT».
Saint Ambroise, le saint archevêque de Milan (sur le deuxième chapitre des Éphésiens), Saint Basile de Séleucie et les Pères du Concile de Calcédoine enseignent exactement la même chose.
Parmi tous les docteurs de l’antiquité chrétienne, Saint Augustin occupe une des premières places par ses connaissances et sa sainteté. Ecoutez alors ce qu’il écrit dans son deuxième traité sur la première Épître de Saint Jean: «Que signifient ces mot: Je bâtirai mon Église sur ce roc? Sur cette foi, sur celle qui dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant». Dans son cent vingt-quatrième traité sur Saint Jean, nous trouvons cette phrase significative: «Sur ce roc, que tu as confessé, je bâtirai Mon Eglise puisque Christ était le roc».
Le grand évêque croyait si peu que l’Église était bâtie sur Saint Pierre qu’il dit à ses auditeurs dans son treizième sermon: «Tu es Pierre, et sur ce roc (pétra) que tu as confessé, sur ce roc que tu as reconnu en disant: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant, sur ce roc Je bâtirai mon Eglise, Je la bâtirai sur Moi-même qui suis le Fils du Dieu vivant, Je la construirai sur Moi et non sur toi».
Ce que pensait Saint Augustin sur ce passage célèbre était l’opinion de la chrétienté de son temps. Par conséquent, j ‘affirme en résumé que:
1 — Jésus a donné à Ses apôtres les mêmes pouvoirs qu’Il a donnés à Saint Pierre.
2— Les apôtres n’ont jamais reconnu en Saint Pierre le vicaire de Jésus Christ et le docteur infaillible de l’Église.
3 — Saint Pierre n’a jamais eu le sentiment d’être pape et il n’a jamais agi comme s’il l’était.
4— Les Conciles des quatre premiers siècles, malgré qu’ils reconnurent la haute position qu’occupait dans l’Église l’évêque de Rome à cause de l’importance de cette ville, ne lui confèrent seulement qu’une prééminence honorifique, mais jamais d’autorité et de juridiction.
5 — Les saints Pères n’interprétèrent jamais le fameux passage (Tu es Pierre et sur ce roc je bâtirai mon Église) comme signifiant que l’Église était édifiée sur Saint Pierre (super Petrum), mais sur le roc (super petram), c’est-à-dire sur la confession de foi de l’apôtre.
J’en conclus victorieusement, avec l’aide de l’histoire, de la logique, de la raison, du bon sens, et avec une conscience chrétienne, que Jésus n’a accordé aucune suprématie à Saint Pierre, et que les évêques de Rome ne sont devenus les souverains de l’Eglise qu’en confisquant un à un les droits de l’épiscopat.
(Voix: «Silence, protestant éhonté!»)
— Non, je ne suis pas un protestant éhonté. L’histoire n’est ni catholique, ni anglicane, ni calviniste, ni luthérienne, ni schismatique grecque, ni ultramontaine. Elle est ce qu’elle est, c’est-à-dire quelque chose de plus fort que toutes les confessions de foi, que tous les Canons des Conciles Œcuméniques.
Vous pouvez écrire contre elle, si vous l’osez, mais vous ne pouvez pas plus la détruire que vous ne pourriez faire tomber le Colisée en en retirant une brique.
Si j’ai dit quelque chose qui soit contraire à l’histoire, prouvez-le moi par l’histoire, etje n’hésiterai pas un instant à faire amende honorable; mais soyez patients, et vous verrez que je n’ai pas dit tout ce que j’aurais voulu ou pu dire, car je suis obligé de continuer etje ne garderai pas le silence, même si le bûcher m’attendait sur la place de Saint Pierre.
Mgr Dupanloup dans ses célèbres Observations sur le concile du Vatican a dit, et avec raison, que si nous proclamions l’infaillibilité de Pie IX, la logique nous obligerait à considérer comme infaillibles tous ses prédécesseurs.
Erreurs et contradictions des Papes.
Eh bien! vénérables frères, ici l’histoire fait entendre sa voix avec autorité pour nous convaincre qu’il y a des papes qui ont commis des fautes.
Vous pouvez, à votre gré, protester contre ce fait. On ne peut le nier, mais je prouverai:
— Le pape Victor (189-198) approuva d’abord le montanisme et ensuite le condamna.
— Marcellin (296-3 04) fut un idolâtre. Il entra dans le temple de Vesta et offrit de l’encens à cette déesse. Vous direz que ce fut un acte de faiblesse, mais je déclare qu’<<un vicaire de Jésus Christ PREFERE MOURIR QUE D’APOSTASIER».
— Libère (352-356) approuva la condamnation d’Athanase et fit une profession d’arianisme, afin d’être rappelé de son exil (358) et de recouvrer un siège.
— Honorius (625-63 8) adhère au monothélisme; le Père Gratry l’a prouvé jusqu’à l’évidence.
— Grégoire 1(590-604) déclare que: quiconque aurait pris le titre d’évêque universel était un anti-christ et, par contre
— Boniface III(607) s’est fait accorder ce titre par l’empereur parricide Phocas.
— Pascal II(1099-1118) et Eugène 111(1145-1153) autorisèrent le duel.
—Jules II(1503-15 13) et Pie IV(1559-15665) le défendirent.
— Eugène IV (1431-1447) approuva le Concile de Bâle et la restitution du calice à l’Église de Bohême.
— Pie II(1458-1464) révoque la concession.
— Adrien II (867-872) déclare valides les mariages civils.
—Pie VII(1800-1823) les condamna.
— Sixte V (1585-1590) fit publier une édition de la Bible en en recommandant la lecture par une bulle.
Pie VII condamna cette lecture.
— Clément XIV (1769-1774) abolit l’ordre des Jésuites qui avait été permis par Paul III et Pie VII le rétablit.
Mais pourquoi aller chercher des preuves si loin?
Est-ce que notre Saint Père ici présent n’a pas dans sa bulle par laquelle il a donné les directions pour ce Concile dans le cas où il viendrait à mourir, avant qu’il ait pris fin, révoqué tout ce qui du passé pourrait lui être contraire, y compris ce qui procède des décisions de ses prédécesseurs? Et il est certain que si Pie IX a parlé ex cathedra il ne le fait pas lorsque des profondeurs de son sépulcre il impose sa volonté aux souverains de l’Eglise.
Je n’en finirais plus, mes vénérables frères, si je devais placer devant vos yeux les contradictions des papes dans leurs enseignements.
Si donc vous proclamez l’infaillibilité du présent pape, vous devez soit prouver, ce qui est impossible, que les papes ne se sont jamais contredits les uns les autres, ou bien vous devez déclarer que le Saint Esprit vous a révélé, à vous personnellement, que l’infaillibilité du pape date seulement de 1870. Etes-vous assez téméraire pour le faire?
Il se peut que le peuple soit indifférent, et passe par dessus des questions théologiques qu’il ne comprend pas et dont il ne voit pas l’importance; mais s’il est indifférent quant aux principes, il ne l’est pas quant aux faits. Par conséquent, ne vous trompez pas; si vous décrétez le dogme de l’infaillibilité papale, les protestants qui sont nos adversaires, entreront d’autant plus courageusement par la brèche, qu’ils ont l’histoire de leur côté, pendant que nous, nous n’avons que la négation à leur opposer. Que pourrons-nous leur dire quand ils nous exposeront ce qu’ont été tous les évêques de Rome depuis les jours de Luc jusqu’à sa sainteté Pie IX? Ah! s’ils avaient été tous comme Pie IX, nous serions vainqueurs sur toute la ligne, mais hélas il n’en est rien.
(Cris: «Silence, silence, assez, assez»).
Ne criez pas Messeigneurs! Craindre l’histoire, c’est se reconnaître vaincus. D’ailleurs, même si vous pouviez faire passer sur elle toute l’eau du Tibre, vous ne pourriez pas en effacer une seule page. Laissez-moi parler, et je serai aussi bref que possible, sur ce sujet si important.
— Le pape Virgile (537-555) acheta le siège pontifical de Bélisaire, lieutenant de l’empereur Justinien. C’est vrai qu’il rompit la promesse et qu’il ne donna jamais la somme promise. Est-ce là une façon canonique de mettre la tiare? Le second Concile de Calcédoine l’a formellement condamné. Dans un de ses canons, on peut lire: «L’évêque qui obtient l’épiscopat au moyen d’argent le perdra et sera dégradé».
— Le pape Eugène III (17) (1145-53) imita Virgile. Saint Bernard qui a brillé comme une étoile dans le firmament de cette époque, a désapprouvé le pape et lui a dit: «Peux-u montrer quelqu’un dans cette ville de Rome qui te reconnaisse comme pape s’il n’ avait pas reçu pour cela de l’argent, de l’or?» Mes vénérables frères, un pape qui établit une banque à la porte du temple est-il inspiré par le Saint Esprit? A-t-il le moindre droit à enseigner l’Eglise infailliblement?
Vous connaissez très bien l’histoire de Formose (891-896) pour qu’il ne soit pas nécessaire que je m’ étende.
Étienne VI (896-897) fit déterrer le Corps du pape Formose vêtu de ses habits pontificaux pour lui faire son procès, et lui fit ensuite couper les doigts dont il s’était servi pour donner la bénédiction et il le fit ensuite jeter dans le Tibre, en déclarant qu’il avait été un pape parjure et illégitime. Etienne VI fut ensuite jeté en prison par le peuple qui l’empoisonna et l’étrangla.
Rappelez-vous comment cette histoire se termina.
— Romain, successeur d’Ètienne, et après lui Jean IX réhabilita la mémoire de Formose.
Mais vous me direz que ce sont là des fables et non de l’histoire! Des fables! Allez, Messeigneurs dans la bibliothèque du Vatican et lisez Platina(18), l’historien de la papauté et les annales de Baronius (19) (A.D. 897). Ce sont là des faits, que pour l’honneur du Saint Siège nous voudrions ignorer mais quand il s’agit de définir un dogme qui peut provoquer un grand schisme parmi nous, l’amour que nous portons à notre vénérable Mère, l’Eglise Catholique, apostolique et romaine, doit-il nous imposer le silence?
Les péchés des papes et leurs excès.
Je continue. L’érudit cardinal Baronius, en parlant de la cour papale dit (prêtez attention, mes vénérables frères à ces paroles):«Comment se présentait l’Eglise romaine dans ce temps-là? Sous des traits inrames! A Rome, ne gouvernaient que de toutes puissantes courtisanes. Ce sont ces dernières qui donnaient, échangeaient, et s’appropriaient des évêchés, et, horrible à dire, elles firent installer sur le trône de Saint Pierre leurs amants, les faux papes». (Baronius A.D. 912)
Vous répondrez que c’étaient là des faux papes et non des vrais. Admettons cela, mais dans ce cas, si pendant 50 ans le siège de Rome fut occupé par des antipapes, comment ferez-vous renouer le fil de la succession apostolique? L’Eglise a-t-elle pu aller de l’avant, au moins pendant un siècle et demi, sans chef, donc acéphale?
Maintenant, considérez que le plus grand nombre de ces antipapes sont placés dans l’arbre généalogique de la papauté; et c’est cette absurdité que Baronius a décrite car Genebrardo, le grand adulateur des papes, n’a pas craint de dire dans ses chroniques (A.D. 901): «Ce siècle est infortuné, car depuis près de 150 ans, les papes sont déchus de toutes les vertus de leurs prédécesseurs, et sont devenus apostats plutôt qu’apôtres». Je comprends sans peine comment l’illustre Baronius doit avoir rougi en racontant les actes de ces évêques romains.(20)
En parlant de Jean XI (931-936) fils naturel du pape Serge III et de Marozia(21), il écrivit ces paroles:
«La sainte Eglise, c’est-à-dire, l’Eglise romaine, a été lâchement piétinée par un tel monstre».
Jean XII (955-963) élu pape à l’âge de 18 ans, sous l’influence de courtisans, ne fut pas du tout meilleur que son prédécesseur(22).
Cela m’afflige, mes vénérables frères de remuer tant de pourriture. Je me tais sur Alexandre VI, père et amant de Lucrèce, je passe à côté de Jean XXII(23) qui nia l’immortalité de l’âme, de Jean XXIII(24) qui fut déposé par le Concile Œcuménique de Constance. Certains diront que ce Concile n’était qu’un concile à caractère privé; soit, mais si vous refusez toute autorité à ce Concile, logiquement vous devez tenir la nomination de Martin V (1417-143 1) comme illégale. Dans ce cas, qu’adviendra-t-il de la succession apostolique? Pouvez-vous en retrouver le fil?
Je ne parle pas des schismes qui ont déshonoré l’Église. Dans ces tristes jours, le siège de Rome était occupé par deux rivaux et parfois par trois. Lequel de ceux-ci était le vrai pape?
Je me résume de nouveau, et je dis encore une fois, que si vous décrétez l’infaillibilité de l’évêque de Rome, vous devez établir l’infaillibilité de tous ses prédécesseurs, sans en oublier et exempter un seul, mais pouvez-vous faire cela quand l’histoire est là pour affirmer, avec un éclat qui n’a d’égal que celui du soleil, que les papes se sont trompés dans leurs enseignements?
Pourriez-vous faire cela et maintenir que les papes avares, incestueux, menteurs, meurtriers, simoniaques, ont été des vicaires de Jésus Christ? Oh! mes vénérables frères, on ne peut maintenir une pareille énormité sans trahir Jésus Christ, pire que ne l’a fait Judas, sans Lui jeter de la boue à la face.
(Cris: «Descendez de la chaire! fermez la bouche à l’hérétique!»)
Retournons aux Saintes Écritures
Mes vénérables frères, vous criez, mais ne serait-ce pas plus digne de peser mes raisons et mes preuves à la balance du sanctuaire? Croyez-moi, l’histoire ne peut être refaite, elle est là, elle restera là et elle restera là toute l’éternité, pour protester avec force contre le dogme de l’infaillibilité. Vous pouvez le proclamer à l’unanimité, mais il vous manquera une voix, et c’est la mienne!
Les vrais fidèles, Messeigneurs, ont les yeux fixés sur nous, attendant de nous un remède aux maux innombrables qui déshonorent l’ Eglise. Allez-vous décevoir leurs espérances?
Quelle ne sera pas notre responsabilité devant Dieu, si nous laissons passer cette occasion solennelle que Dieu nous a donnée pour guérir la vraie foi? Saisissons-la mes frères, armons-nous d’un saint courage, faisons un violent et courageux effort, retournons à l’enseignement des apôtres, étant donné qu’en dehors de cet enseignement, nous n’avons qu’erreurs et fausses traditions.
Servons-nous de notre raison et de notre intelligence pour prendre les apôtres et les prophètes comme nos seuls maîtres infaillibles concernant la question des questions: «Que dois-je faire pour être sauvé?»
Quand nous aurons réglé cette question, nous aurons posé le fondement de notre système dogmatique sur le rocher ferme, inébranlable, durable et incorruptible des Ecritures divinement inspirées. Alors nous irons pleins de confiance devant le monde et, à l’exemple de l’apôtre Paul, en présence des libre-penseurs, nous ne voudrons savoir autre chose que «Jésus Christ et Jésus Christ crucifié». Nous irons à la conquête par la prédication de la «folie de la croix» comme Paul a conquis les savants de Grèce et de Rome, et l’Eglise romaine aura son glorieux 89.
(Clameurs et cris: «Descendez, chassez ce protestant, ce calviniste, ce traître de l’Église!»)
Vos cris, Messeigneurs, ne m’épouvantent pas. Si mes paroles sont brûlantes, ma tête est froide.
Je ne suis ni de Luther, ni de Calvin, ni de Paul, ni d’Appolos, mais de Christ.
(Cris renouvelés: «Anathème, anathème à l’apostat»).
Anathème? Messeigneurs, anathème? Vous savez bien que vous ne protestez pas contre moi, mais contre les saints apôtres, sous la protection desquels j ‘aimerais que ce Concile place l’Eglise. Ah! s’ils sortaient de leurs tombes, couverts de leurs linceuls, parleraient-ils un langage différent du mien? Que leur répondriez-vous, quand par leurs écrits ils vous diraient que la papauté s’est éloignée de l’Evangile du Fils de Dieu, qu’ils ont prêché et confirmé d’une façon si généreuse par leur sang? Auriez-vous le courage de leur dire: «Nous préférons l’enseignement de nos papes, de Bellarmin(25), d’Ignace de Loyola(26) au votre»? Non, non, mille fois non, a moins que vous ayez fermé vos oreilles pour ne plus entendre, vos yeux pour ne plus voir et que vous n’ayez atrophié votre intelligence pour ne plus comprendre.
Ah! si Celui qui règne en haut désire nous punir en faisant descendre Sa main lourdement sur nous, comme Il le fit pour le Pharaon, Il n’a pas besoin des soldats de Garibaldi pour nous chasser de la ville éternelle, Il n’a qu’à nous permettre de faire un dieu de Pie IX, comme nous avons fait une déesse de la Sainte Vierge.
Arrêtez-vous, arrêtez-vous! sur la pente odieuse et ridicule sur laquelle vous êtes placés. Sauvez l’Église du naufrage qui la menace, cherchant dans les seules Écritures la règle de foi que nous devrions croire et pratiquer.
J’ai parlé. Que Dieu me soit en aide!
Notes
1 Josip Juraj STROSSMAYER né à Osijek en 1815, ordonné prêtre en 1838, nommé professeur de Droit Canon à Vienne en 1847, devient évêque de Djakovo en 1850, décédé à Djakovo en 1905.
2. Le texte de ce discours, apparemment pris en sténographie, comportait quelques erreurs de références et quelques fautes d’orthographe dans les noms propres. Au cas où il en resterait qui nous auraient échappé, nous vous serions reconnaissant de nous les signaler.
3 Ultramontanisme: mouvement qui prônait la centralisation des pouvoir spirituels et temporels dans les mains du pape.
Ce courant triompha avec le Concile de Vatican I en 1870.
4 Gallicanisme: affirmation que le pouvoir temporel est indépendant de la juridiction du pape.
5 Henry Edward Manning (1808-1892) archevêque de Westminster à partir de 1865.
6 Louis Pie, 1815-1880, évêque de Poitiers ultramontain devint cardinal en 1879.
7 Charles Loyson dit le Père Hyacinthe (1827-19 12).
8 Félix Dupanloup, 1802-1878, évêque d’Orléans
9 . Joseph Juste Scaliger, humaniste, 1540-1609.
10. Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (l’actuelle Bône en Algérie) de 396 à sa mort, le plus célèbre des Pères de l’église latine.
11. 402.
12. Voir aussi les canons 11 du XIe Concile de Carthage, 17 et 28 du XVIe Concile de Carthage. Un certain Apiarius excommunié en Afrique en avait appelé au pape qui par son légat Faustin exigeait qu’il soit réadmis. Les pères d’Afrique avaient refusé en déniant tout autorité à Rome pour s’ingérer dans cette affaire.
13. Célestin 1er 422-432.
14. Georges Darboy (1813-1871), archevêque de Paris, opposé à l’infaillibilité pontificale au Concile de Vatican I, otage
de la Commune, il en fut l’une des plus illustres victimes.
15. en 343. Serdica, en latin Sardica, l’actuelle Sofia.
16. le passage de Matthieu 16:18 emploie deux mots grecs différents souvent traduits, à tort, par le seul mot «pierre». Il est écrit: «Je te dis que tu es Pierre (petros); et sur ce roc (petra) je bâtirai mon église». Le mot «petros» désigne une pierre que l’on peut soulever ou lancer à la main (cf. 2 Macc. 1:16 et 4:4 1), le mot «petra» désigne un roc, un rocher (cf. Matt. 7:24 & 25, Malt. 27:51 &60, etc.). Le père jésuite F.Zorell le reconnaît dans son «Lexicon Grœcum Novi Testamenti», où nous trouvons: «Petra: rupes, petra, saxum et quidem, in oppositione ad «petros» quod significat saxum a monte vel solo solutum, lapidem magnum, sed tantum ut adhuc levari manuque proj ici possit)», c’est à dire: «Petra: rocher, roc, roche et ceci en opposition à «petros» qui signifie rocher arraché à une montagne ou au sol, grosse pierre mais qui peut être néanmoinS soulevée et lancée à la main».
17. (IV originairement)
18. Bartolomeo Sacchi dit il Platina (142l-148l)~ humaniste devint bibliothécaire du Vatican en 1478, il publia une histoire des papes en 1479.
19. Cesare Baronius ou BarofliO (1538-16O7) Cardinal et historien. Disciple de Saint Philippe Néri, confesseur du pape Clément VIII, protoflotaire apostolique cardinal (1596) et bibliothécaire de la Vaticane (1597).
20. Baronius a appelé la période qui va des règnes de Serge III à celle de Jean XI: la «pornocratie».
21. Marozia (892-93 7) fille de Théophylacte et de Théodora (qui mit sur le trône pontifical Serge III) épouse en 905 Albéric 1er marquis de Spolète, devint la maîtresse de Serge III dont elle eut un fils qu’elle fit plus tard élire pape sous le nom de Jean XI. Elle épousa par la suite Gui de Toscane puis Hugues de Provence; Elle fit et défit les papes pendant des années faisant emprisonner et assassiner Jean X, et probablement aussi Léon VI et Etienne VII.
22. Jean XII (955-964) petit-fils de Marozia et fils d’Albéric II de Spolète. Connu pour ses débauches il mourut des suites de la correction que lui infligea un mari qui l’avait trouvé dans le lit de sa femme.
23. Jean XXII régna de 1316 à 1334. Célèbre pour avoir fait faire par l’Inquisition un procès contre Maître Eckart. Il mourut alors qu’un procès pour hérésie lui était intenté.
24. Jean XXIII régna de 1410 à 1415 date à laquelle il fut déposé par le Concile de Constance et remplacé par Martin V qui le nomma cardinal-évêque de Tusculum. Sa tombe, dans le baptistère de Florence, porte l’insigne papal. Aujourd’hui, dans l’église romaine, il n’est plus compté dans la liste officielle des papes.
25. Bellarmin, en italien Roberto Bellarmino (1542-1621) Théologien célèbre entre autre pour ses écrits et aussi pour sa condamnation de Galilée, il fut canonisé en 1930 et mis au rang des docteurs de l’église romaine.
26. Ignace de Loyola (1491-1556) fondateur de l’ordre des Jésuites, canonisé en 1622.
Source : http://bible.free.fr/histoire/strossma.pdf
10:08 Publié dans D0- Points de vue religieux sur la religion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pape, primauté, hérésie, catholique, vatican, franc-maçonnerie
03.08.2009
Espérance Chrétienne
Pour en finir avec les vieilles lunes comme le monogénisme adamique, le péché originel, la faute collective...
Pour aider à "rassembler ce qui est épars"
http://www.catho-theo.net/spip.php?article228
Emmanuel
12:18 Publié dans D0- Points de vue religieux sur la religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : foi, religion, christianisme, franc-maçonnerie
04.04.2009
Un allien dans le placard!!!
Une affirmation sidérante!!!
Le grand philosophe Gordiano BRUNO n'aurait pas été brûlé par l'église catholique. C'est ce qu'affirme contre la vérité historique l'auteur de ce blog :
http://denismerlin.blogspot.com/2009/03/giordano-bruno-na... .
Il s'agirait, selon l'auteur et deux de ses amis, d'un hoax diffusé par les ennemis de la catholicité et ce alors que cette note des archive vaticane dit le contraire :
http://asv.vatican.va/fr/doc/1597.htm
Mais ceci n'est que le moindre de l'imbécilité (voir étymologie du mot) de ce blogeur violemment anti-maçon ainsi que toutes les é-mules papales à la suite de "l'idiot" (selon le docteur Caillet) Clément XII.
En effet Denis Merlin, qui se prend pour l'enchanteur du même nom au point d'en perdre la tête sans avoir pour autant l'immense intelligence du grand saint Denis, se fend d'au moins deux couplets anti-maçonniques dénonçant la supposée trahison des juges francs-maçons. Juges dont le serment maçonnique trahirait, selon lui, le serment professionnel.
http://denismerlin.blogspot.com/2009/04/les-magistrats-fr...
http://denismerlin.blogspot.com/2009/04/les-magistrats-fr...
Le problème c'est que le bonhomme avoue, dans la foulée d'une autre ignorante (voir étymologie du mot) patentée journaliste, nommée Sylvie Coignard, qui vient d'accoucher d'un pamphlet anti-maçonnique, tout ignorer du serment maçonnique. Alors qu'il leur suffit d'aller dans n'importe quelle librairie spécialisée pour consulter, voire acheter, tous les rituels maçonniques de tous les rites. Ou d'aller sur internet consulter les sites dédiés.
http://www.dailymotion.com/video/x8ospi_francs-macons-au-...
Il semble même que ces deux pîtres ignorent que, de l'aveu même du Vatican, plus de 80 000 ouvrages ont été écrits sur la maçonnerie et que plus de 100 nouveaux paraissent chaque année. Or chacun peut le constater jamais l'église catholique, qui n'est pas à un ECAR près, n'a divulgué ce serment dont elle connait parfaîtement tous les termes. La raison? Nous allons y venir.
De même il ne leur parait même pas curieux que, parmi les nombreux renégats de la maçonnerie, comme le dr Caillet ou le nommé Dellière, aucun n'ait jamais publié ce même serment. La raison?
La raison en est d'une grande simplicité : Une telle publication les obligerait, église, anti-maçons de toutes sortes et renégats, à reconnaître qu'il ne contient rien qui soit contraire à la foi, aux moeurs, à l'intérêt des états et des peuples.
Ainsi tomberaient d'elles-mêmes les accusations de criminalité, de complotisme, de dépravation... et autres qui ont cours depuis le siècle de Clément XII (pourri jusqu'aux tripes qu'il perdait abondamment).
Mais qu'on ne compte pas sur nous pour dévoiler ce serment. L'idiotie et la fénéantise des uns ne sauraient excuser la divulgation des autres.
14:15 Publié dans C0- Antimaçonnisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : anti-maçonnisme, église, vatican, rome, pape, franc-maçonnerie
13.03.2009
VATICAN : 0 - GODF : 1
Après la calamiteuse affaire de la levée de l'excommunication des évêques intégristes, le pape se justifie par une lettre adressée le 12 mars dernier à ses pairs évêques. Procédure tout à fait inhabituelle qui témoigne de la gravité de la crise dans laquelle la théorie du complot maçonnique pointe le bout de son nez.
Dans cette lettre aux évêques qu'on pourra lire en intégralité ici :
http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/200...
le pape se présente en victime de "certains groupes haineux et intolérants à son endroit et à celui de l'église" en même temps qu'il rejette sur d'autres son erreur d'appréciation de ce qu'est la réalité intégriste et de l'opposition qu'elle suscite dans la catholicité. Il ne s'interdit pas cependant de faire preuve d'un certain cynisme mercantile lorsqu'il évoque l'importance numérique, sous-entendu financière, de la mouvance intégriste sachant que, comme pour d'autres institutions, les finances vaticanes viennent de prendre quelques boulets sous la ligne de flottaison.
Dans le même temps où cette lettre est rendue publique on découvre qu'un dossier "top secret" circule dans les officines vaticanes. Ce dossier dont on trouvera les références ici :
http://forum.pelerin.info//view.php?site=pelerin&bn=p...
retrace l'historique de ce télescopage historique entre une action qui, selon le pape, se veut positive en direction de "l'unité des chrétiens" et l'invraissemblable affaire de l'évêque intégriste négationniste des camps de la mort.
Que dit ce dossier qui concerne les Francs-Maçons? Simplement ceci : Que toutes cette affaire, destinée à pièger le pape, aurait été montée de longue date par une journaliste française, du nom de Fiammetta Venner, présentée comme une activiste connue du mouvement homosexuel, favorable à l'avortement et à la laïcité, intervenante habituée des rencontres sur la laïcité du Grand Orient de France, par ailleurs co-auteur d'un ouvrage défavorable à l'OPUS DEI et à la mouvance intégriste accusée de connexions étroites avec l'extrême droite française, connue pour son fascisme et son anti-sémitisme.
De là la conclusion du dossier : Ce serait en France, c'est-à-dire dans le pays où le « cancer » lefebvriste s'est le plus développé, ouvrant des blessures dans la société et dans l'Église pas encore cicatrisées aujourd'hui, qu'est née la volonté de discréditer Benoît XVI au moment où il prenait une des décisions les plus explosives de son pontificat. Une volonté de discréditer le Pape et, donc, de bloquer le processus déjà difficile de rapprochement avec les lefebvristes à l'Église.
D'où notre titre : VATICAN : 0 - GODF : 1
Est-ce un hasard si l'hebdomadaire LE POINT de cette semaine publie un épais dossier de 7 pages sur les Francs-Maçons dans le gouvernement français et la vie politique. Ce alors qu'il ne consacre qu'une vingtaine de lignes à l'autre calamiteuse affaire de l'excommunication d'une famille et d'une équipe médicale brésiliennes par un pauvre type d'évêque connu pour son opposition farouche à tout ce qui fut l'oeuvre du regretté père Don Helder Camara?
Si le pape veut vraiment, et sans arrière pensée, l'unité des chrétiens qu'attend-il pour annuler sa "Déclaration d'incompatibilité" entre l'église et la FM datée de 1983? Déclaration qui annule les effets des décisions du Concile V.II. Il assurerait ainsi la réintégration des catholiques francs-maçons dans le giron de l'église. Francs-maçons qui sont entre 2 et 3 millions dans le monde?
11:35 Publié dans C2- Antimaçonnisme religieux (Catholique) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : anti-maçonnisme, église, vatican, rome, pape, franc-maçonnerie, complot, benoit xvi, extrémisme
07.03.2009
Defense de la Laïcité, de la liberté de penser et de la liberté religieuse!!!
La défense des libertés fondamentales étant une cause noble et nécessaire
nous relayons ce communiqué émanant du
Grand Orient de France.
GRAND ORIENT DE FRANCE
16, rue Cadet – 75009 Paris
Paris, le 6 mars 2009
Grand Orient de France
Grande Loge Féminine de France
Fédération Française du Droit Humain
Les Obédiences signataires tiennent à s’associer à toutes les institutions publiques nationales et internationales et à toutes les associations non gouvernementales de défense des droits de l’homme qui dénoncent l’orientation très dangereuse prise par le projet de déclaration finale de la Conférence des Nations Unies sur la lutte contre le racisme, la xénophobie et l’intolérance, dit de «Durban II », et qui sera examiné à Genève en avril prochain.
Présidé par la Lybie et vice-présidé par l’Iran, le Comité Préparatoire institué pour la finalisation du projet de déclaration se livre à un véritable détournement du concept de protection des droits de l’homme pour tenter :
a) d’imposer, au nom de la prétendue liberté religieuse, la supériorité d’une religion - l’Islam – sur toutes les autres religions et sur tous les mouvements d’idées en exigeant notamment l’établissement d’un délit de blasphème en contradiction ouverte avec la liberté absolue de conscience, la liberté d’expression et la laïcité ;
b) d’institutionnaliser l’antisémitisme au sein de la Conférence de l’ONU en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël par des thématiques racistes n’ayant aucun rapport avec le libre examen critique de la politique étrangère d’un Etat membre de l’ONU ;
c) de promouvoir des thèses sexistes, hostiles aux droits des femmes et contestant en particulier leur droit à l’émancipation ;
d) de refuser la condamnation des Etats qui pratiquent la discrimination, voire la répression, au sein de leur propre société ;
f) de rejeter l’universalité des droits de l’homme au profit d’un communautarisme exacerbé qui devrait tenir compte des « spécificités culturelles » pour mieux discriminer entre les catégories de citoyens.
Après le retrait du Canada et d’Israël de ce processus, l’Administration OBAMA a annoncé à son tour son retrait et sa participation en tant que simple observateur à la Conférence de l’ONU à Genève.
Devant la gravité de la situation, les Obédiences suscitées appellent Monsieur le Président de la République à agir pour que les pays membres de l’Union européenne refusent également de cautionner cette mascarade et s’abstiennent de participer à la Conférence de Genève autrement qu’en tant qu’observateurs.
En cette période de célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la France doit vigoureusement dénoncer l’orientation de la Conférence dite de « Durban II » à Genève et peser de tout son poids pour stopper cette dérive inacceptable au sein des instances de l’ONU.
14:28 Publié dans Z0 - Brèves - Actu chaude ou froide | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : laîcité, liberté de pensée, liberté religieuse, franc-maçonnerie, république, président de la république, francs-maçons, chrétienté, islam
18.02.2009
Le Franc-Maçon est-il un Utopien qui s'ignore?
La récente affaire de la "levée des excommunications" par Benoît XVI et les remous qu'elle a provoqués dans les milieux catholiques nous a conduit à suivre l'évolution de divers blogs et autres forums d'obédience catholique. Non que nous soyons très concernés par ces décisions papales mais parce qu'elles furent en de nombreuses occasions celle de remuer à nouveau la sauce infernale du chaudron du complot judéo-maçonnique.
A côté des grands organes de presse tels que Le Pèlerin, La Vie, La Croix qui s'efforcent de présenter sur le sujet des dossiers aussi objectifs que possible et, pour cela, sont souvent qualifiés de "presse de gauche, progressiste et moderniste" par tout ce que la catholicité compte de +- intégriste, on trouve de nombreux sites de cette mouvance où le réductionnisme, le révisionnisme, voire le négationnisme, et le culte idolâtre de la papauté romaine se montrent en plein jour accompagnés des habituels refrains anti-maçonniques.
Sur l'un de ces forums nous avons eu l'occasion de suivre les écrits de suppôts d'un catholiscisme crispé sur ses vieilles lunes et rengaines. Opposition frontale où les accusations de collusion entre maçonnerie et nazisme révèlent bien vers quoi penchent les é-mules de l'évêque Williamson. Inclination qui tend à imputer insidieusement à la FM le génocide juif, en raison de la signature d'un accord de coopération entre le régime nazi et le gouvernement français de l'époque qui comptait quelques francs-maçons, ou, à imputer au franc-maçon américain Roosevelt les 100 millions de morts du communisme, au motif qu'il aurait attendu quatre ans après l'ouverture du premier camp de concentration avant d'intervenir contre le nazisme. Et, au passage, à remercier les Japonnais de leur action contre Pearl Abour. Le tout bien sûr en oubliant de mentionner le Concordat du 20 juillet 1933 signé par l'ECAR avec les nazis qui procura à l'église d'Allemagne quelques avantages notables. Concordat, disons plutôt alliance avec le régime, dont l'un des buts cachés était de faire, avec quelques raisons, obstacle à l'extension du communisme bolchevique. De très nombreux catholiques allemands rachetèrent par leur conduite de résistance exemplaire ce triste épisode.
Beaucoup plus intéressant est le débat entre certains membres d'un de ces forums sur le thème de la levée des excommunications Au départ ce fil se constituait d'échanges, de commentaires sur la décision du pape et le positionnement des intégristes de la FSSPX. Progressivement, par un glissement assez fréquent, on vit apparaître des petits bouts de phrases mettant en cause la FM, puis on commença à parler de la laïcité comme source de tous les maux de la société. On vit sortir des noms : Besancenot, Laguiller..., des juxtapositions hasardeuses comme le nazisme et le sionnisme, le communisme et ses 100 millions de morts comparé aux 6 millions de juifs du nazisme etc...
Et cela continua avec apparition de-ci, de là, d'un discours intégriste pur et dur avec des petites phrases du genre ".../... La Shoah est une conséquence de l’antisémitisme des Lumières.../... Elle est le fruit de la sécularisation encouragée aujourd’hui par certains Juifs.../... Le camp du faux progrès est en train de comprendre que cette réconciliation tant attendue entre catholiques sonne la fin de ses victoires contre la famille (comprendre par ex le divorce, le pacs, l'homosexualité...), la vie (comprendre par ex l'IVG, le droit de mourir dans la dignité...) et la liberté (comprendre par ex : la suppression de l'éducation religieuse obligatoire, la laïcité opposée à la théocratie...)...". Petites phrases qualifiées de "mises au point claires et nettes" précédant de peu une tentative de justification des propos de l'évêque négationniste.
Un seconf fil dérivé du précédent fut ouvert sous l'intitulé "Le revisionnisme communiste". Très intéressant il éclaire bien la manière dont ces révisio-négationnistes procèdent. Ainsi il est fréquent de lire des mises en // macabres opposant les 100 millions de morts du communisme et les 6 millions de juifs condamnés par le nazisme. Comme si le crime de l'un était de même nature que celui de l'autre, comme si les morts de l'un étaient quantité négligeable comparés au nombre des morts de l'autre.
Le procédé est subtil pour qui lit trop rapidement ces textes. Textes qui n'ont qu'un but pour ces catholiques aveuglés par les écrits d'un Léon XIII contre le modernisme, le socialisme, le progrès social... ou par ceux du sinistre évêque Jouin violemment antisémite et anti maçonnerie. Il s'agit en effet rien moins que de faire ressortir l'horreur (réelle) des crimes lénino-marxistes, bolcheviques et staliniens, en guerre ouverte contre l'ECAR, pour banaliser ceux du nazisme avec qui elle a su trouver de nombreux acommodements, comme elle a su en trouver avec les régimes fascistes de Franco, Salazar et récemment Pinochet, quitte à tuer par des mots des lumières comme Mgrs Romero ou Camara et la théologie de la libération ou les prêtres ouvriers.
C'est une de ces macabres comparaisons qui a enclenché la polémique dans laquelle un de nos frères tentait de faire ressortir la différence de nature entre le nazisme et le communisme. Un autre intervenant faisant du nazisme un avatar mineur du bolchevisme dans le but d'en minimiser les horreurs.
S'efforçant de toujours distinguer entre "l'idée" communiste des philosophes les plus éclairés et sa dramatique "application" marxiste-léniniste et bolchevico-stalinienne, notre frère exposait que l'idée du communiste utopique plonge ses racines au plus profond de l'histoire des hommes, se serait nourrie des principes du Christianisme et des Lumières jusqu'à la "rupture de sens" marxiste qui allait aboutir à la dictature du prolétariat, en réalité celle d'une nomenklatura au moins aussi calamiteuse que la précédente tsariste. A l'appui de sa thèse, il faisait état des très nombreuses tentatives de vie communautaire telles que le monachisme, différents phalanstères, les Utopiens qui, à la suite de Thomas More (saint catholique), tentèrent de développer la cité idéale, Gaston Ledoux, génial architecte des Salines Royales d'Arc-et-Senans, Baboeuf... jusqu'au constat établi par de nombreux philosophes matérialistes comme Karl Marx ou Blanqui (à qui l'on doit d'ailleurs l'invention de la formule "lutte des classes") qui constatèrent que cette idée généreuse ne pourrait trouver à se réaliser que par le moyen d'une révolution violente destinée à renverser l'ordre du monde dominé par les grands possédants.
C'est contre cette idée généreuse, mais dévoyée en doctrine violente par le triste constat de l'état de la société, que s'éleva un Léon XIII, pape romain, et que prit corps la pensée catholique formulée dans "La Doctrine Sociale de L'Eglise" qui, sans rien remettre en cause de l'ordre social établi, affirme que "c'est par volonté divine que les puissants le sont et commandent, que les pauvres sont pauvres et doivent remercier Dieu de l'état qui est le leur". Il y a bien sûr de grands passages exaltant les vertus du partage. Mais depuis ces cent dernières années on a vu ce qu'en firent les classes dirigeantes et de quel prix les travailleurs ont payé leurs "acquis sociaux", sans que cela entraine de vigoureuses condamnations de qui s'érige, au dessus de tous, en conscience du monde.
C'est dans cette volonté de renverser l'ordre du monde de façon violente que réside la "rupture de sens" entre l'idée d'un communiste philosophique, noble, et son application marxiste-léniniste et stalinienne, sauvage, notamment sous l'impulsion des bolcheviques qui conduisit aux 100 millions de morts par la famine, emprisonnement, torture et autres moyens dégradants et criminels.
Autre est l'idée que notre frère se fait de l'origine du nazisme. Ainsi qu'il l'expose cette idéologie est profondément perverse dès son origine car directement inspirée du vieux mythe païen et germanique de la race supérieure, élue, ainsi que de la volonté de refonder la nation allemande humiliée par la défaîte de 1918 et le Traité de Versailles. Et ce quand bien même le national-socialisme traîne derrière lui quelques bribes de politique sociale.
A la différence du communisme utopique, il n'y a pour le nazisme aucune "rupture de sens" entre son idée fondamentale et son application dans les faits puisqu'aussi bien, et par principe, il ne peut y avoir en même temps cohabitation de deux races supérieures, de deux races élues. Ainsi le juif, du peuple de dieu, devient-il d'emblée le "bouc émissaire" chargé de toutes les tares, coupable de tous les maux du monde et par là justiciable (sic) de tous les châtiments, en réalité de tous les crimes même les plus horribles.
Et c'est bien là que s'établit la distinction entre les crimes de masses et de classes commis par les bolcheviques au nom d'une dictature provisoire, au moins dans l'esprit des auteurs communistes et marxisants, nécessaire passage de l'idée à l'application réussie d'une société sans classe, et le génocide conçu, planifié, organisé et conduit par les nazis dont le Reich devait durer au moins 1 000 ans .
Force est de constater que ce n'est pas l'approche de ces intégristes révisionnistes qui amalgament sans distinction l'idée généreuse du communisme idéologique et ses applications désastreuses et font du nazisme un petit frère du communisme idéologique alors qu'il n'est au mieux que l'avorton du bolchevisme. Nous disons "au mieux" car il évident que même cette idée est inexacte puisque l'inspiration paganiste du nazisme n'a rien à voir avec celle du communisme philosophique (qui, rappelons-le ne doit pas être confondu avec ses déviations mauvaises que sont le bolchevisme, le léninisme et le stalinisme).
Le procédé est ici commode pour ceux qui veulent minimiser le génocide juif et le faire passer pour pas grand chose à côté des grands crimes soviétiques. Pour qui s'inscrit, malgré les repentances actuelles, dans la lignée de cette fraction de l'église catholique porteuse pendant près de deux millénaires de l'infâme accusation d'un peuple juif "déicide". Accusation qui est à la source du racisme et du complotisme juif et judéo-maçonnique des temps modernes. Pour qui veut à la suite de l'évêque Williamson faire preuve de réductionnisme voire même de complet négationnisme.
Ici deux questions se posent :
Quand l'église romaine se donnera-t-elle les moyens de réduire au silence ces malades de la conscience lobotomisés par deux millénaire d'évangélisation mal comprise?
Quelle est la position maçonnique sur ces questions touchant aux idées?
Nous laissons à l'église romaine le soin de répondre à la question qui lui revient.
Quant à la seconde il va de soi que, dans ce qui va suivre, nous n'engageons que nous et en aucun cas aucun de nos frères en maçonnerie de quelque appartenance qu'il soit. Cependant, pour ce que nous en connaissons, il est très clair qu'aucun maçon ne peut avoir de sympathie ni pour le nazisme ni pour les déviations bolcheviques, léninistes et staliniennes issues de l'idée du communisme utopique. Aucun d'entre-nous ne peut approuver ni ces régimes ni, et encore moins, leurs crimes.
Mais que peut-il en être de l'idée d'un communiste philosophique d'avant les matérialistes dont le principe est, comme dans le Christianisme, fondé sur le volontariat en vue : de la mise en commun, du partage, de l'exercice de la fraternité?
Se pourrait-il que les francs-maçons réunis en loge sans distinction de classes sociales, entraînés à partager la connaissance, les savoirs, le temps, le silence, le travail, le pain et le vin, à donner à manger à qui a faim, à boire à qui a soif, appliqués à mettre en actes une solidarité active, bien loin du simple copinage, de l'entremise et du lobbying, soient des "utopiens", voire des "communistes utopiques" qui s'ignorent?
Porter au dehors ce que nous recevons au dedans des loges n'est-ce pas chercher à impégner la société des idéaux de liberté, d'égalité, de fraternité, qui sont fondamentalement des valeurs évangéliques et républicaines, afin de parvenir sans violence à cette société idéale dont beaucoup de nos ainés ont tant rêvé? Pour laquelle un grand nombre a donné sa vie?
Le chemin est certes encore long, et nous sommes ouvriers malhabiles, mais, comme le disait un de nos vieux maîtres : "il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre" et, chaque jour, de remettre l'ouvrage sur le métier.
Gardons-nous cependant de céder à la tentation du pouvoir effectif.
C'est en effet par l'exemple que nous devons agir et non par ce qui ne manquerait pas une fois encore de dériver, après l'inéluctable "rupture de sens" entre l'idée et l'application, vers l'absurde et l'horreur. Et ce afin que, jamais, au grand jamais, quiconque puisse dire "qu'un mal affreux est sorti de nos loges et de la société des maçons".
Pour qu'au contraire les hommes soient dans la connaissance qui seule rend libre, dans le partage qui seul rend égaux et dans la fraternité puisqu'aussi bien, et ainsi que le proclament et les Evangiles et la maçonnerie depuis son origine, nous n'avons qu'un seul Père.
Une question demeure : Et Dieu ou le GADL'U:. dans tout ça?
Faisons en sorte que la Sagesse préside à la construction de notre Temple, que la Force le soutienne et que la Beauté l'orne, que l'Amour soit parmi les hommes, que la Paix soit sur terre et que la Joie soit dans les coeurs.
Dieu et le GADL'U:. devraient y trouver leur compte.
Emmanuel
09:20 Publié dans D1 - Points de vues maçonniques sur la maçonnerie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : franc-maçonnerie, francs-maçons, église catholique, rome, vatican, communisme, christianisme, nazisme, concordat
28.01.2009
Levée d'excommunication
A sa Sainteté le Pape Benoit XVI
A Messeigneurs les Cardinaux et Evêques de France
Une décision récente de Rome lève les excommunications contre les dissidents de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX). Ce alors même que cette "fraternité" et ses satellites tiennent des propos pour le moins curieux quant à l'honorabilité de l'actuel chef de l'église latine et accusent formellement les derniers successeurs de Pierre d'apostasie et d'hérétisme.
A preuve ces récents propos datés de juin 2009 sur le site de "La Porte Latine" : "Nous avons appris, stupéfaits, le complot de pénétration de la hiérarchie catholique par la secte libérale, nous avons vu ses progrès jusqu’aux plus hauts postes et son triomphe au concile Vatican II. Nous avons eu des papes libéraux. Le premier pape libéral, celui qui se riait des « prophètes de malheur ». Les portes du bercail ont été ouvertes, et les loups ont pénétré dans la bergerie et ils ont massacré les brebis. Vint le deuxième pape libéral, le pape au visage double, le pape humaniste ; il renversa l’autel, abolit le sacrifice, profana le sanctuaire. Le troisième pape libéral est survenu, le pape des droits de l’homme, le pape des religions unies et il s’est lavé les mains, et il s’est voilé la face devant tant de ruines amoncelées, pour ne pas voir les plaies sanglantes de la Fille de Sion, l’Epouse Immaculée de Jésus-Christ. Un quatrième pape renouvelle les actes de ses prédécesseurs, enfonce le clou sur des doctrines qui dissolvent la foi catholique. ".
N'y a-t-il pas là une injustice faite aux Frères Maçons Chrétiens qui se trouvent toujours condamnés par Rome?
A notre connaissance jamais un franc-maçon de quelque obédience qu'il soit ne s'est permis de telles insultes qui vont jusqu'à invoquer "l'insulte faite à Dieu" par les papes et les pères conciliaires de Vatican II. Et aucun d'entre-nous ne s'est livré a aucune attaque contre la foi, ni contre les représentant de l'église. Et, s'il y en, a eu aucune n'a eu la gravité ni la portée de celles auxquelles se livre la FSSPX et ses représentants. Bien sûr aucun de nous ne peut être taxé d'antisémitisme.
D'autre part nous avons pu noter que certains hiérarques de l'église de Rome se félicient du retour ainsi rendu possible de nombreux chrétiens dans le sein de l'église dite catholique.
Selon les chiffres avancés par la FSSPX elle compterait 150 000 membres dans le monde dont environ 20 000 en France.
Face à cette "moisson nouvelle" la Franc-Maçonnerie mondiale affiche environ 3 000 000 (3 millions) de membres dont une majorité sont issus des rangs de la chrétienté et sont encore pour beaucoup membre d'une église chrétienne. On peut estimer que plus d'1 000 000 (un million) d'entre-eux sont issus de la branche catholique du christianisme. Pour la France seule sur 140 000 membres au total 70 000 d'entre-nous au moins peuvent se réclamer du baptême catholique.
N'y aurait-il pas là, par la levée définitive des condamnations portées contre la maçonnerie, une opportunité nouvelle d'accroître encore de manière significative le nombre des retours dans le sein de l'église?
De plus cette "fraternité" (FSSPX) accuse l'église romaine de relativisme, d'indifférentisme, de libéralisme et de quelques autres déviations de la foi qui constitent le fond des accusations portées depuis Clément XII contre la Franc-Maçonnerie.
Si donc on réintègre en pleine communion au sein de l'église ceux là même qui l'accuse d'être ce qu'on reproche faussement aux maçons n'y-a-t-il pas là injustice à maintenir les Frères Maçon éloignés de la Communion Eucharistique?
C'est pourquoi Très Saint Père nous vous demandons la levée des interdictions contre la Franc-Maçonnerie.
C'est pourquoi Messeigneurs Cardinaux et Evêques de France nous vous demandons d'intervenir auprès du Saint Siège en vue de la levée de ces interdictions. C'est pourquoi aussi nous vous demandons de dénoncer publiquement, comme étant contraires à la charité chrétienne, tous les sites, plus ou moins d'obédience chrétienne et catholique, qui se livrent à de honteuses attaques contre la Franc-Maçonnerie donnant ainsi de l'église une image archaïque et peu ragoutante.
Espèrant en votre bienveillante attention veuillez agréer, Très Saint Père et Messeigneurs Cardinaux et Evêques, nos respectueuses salutations.
Emmanuel
10:38 Publié dans C2- Antimaçonnisme religieux (Catholique) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : eglise, catholique, évêques, france, franc-maçonnerie, excommunications, fraternité
01.01.2009
Solidarité -médicaments
Un appel de l'ORDRE SOUVERAIN DE MALTE qu'aucun homme de coeur ne peut ignorer
Nous le relayons par devoir et nous l'appuyons par solidarité
"En avril 2007 le Parlement a adopté un texte qui met fin à la collecte de médicaments inutilisés en France.
Personne ne peut ignorer les conséquences de ce texte.
Le Gouvernement lui-même, en avait à ce point conscience que le Ministre de la Santé s’était engagé à promouvoir, en partenariat avec les Associations humanitaires et les laboratoires pharmaceutiques, la mise en œuvre de solutions d’approvisionnement en médicaments.
20 mois ont passé, les stocks de médicaments sont épuisés et les associations ont évalué avec précision les besoins qui relèvent de leur domaine d’intervention : pourtant, aucune proposition ou solution n’a été avancée par les pouvoirs publics.
Aujourd’hui, outre la responsabilité humanitaire, sociale et sanitaire de la France, l’enjeu porte aussi sur son image internationale et la valeur de sa parole.
Personne ne peut rester indifférent au sort des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui attendent que les médicaments indispensables à leur survie leur soient fournis.
C’est une responsabilité collective de la France à l’égard des pays les plus pauvres dont il s’agit.
Qui aurait assez d’inconscience morale et sociale pour abandonner 1 million de personnes démunies ?
Vous aussi, rejoignez-nous en signant ce manifeste, afin qu’une décision soit prise par les instances de notre pays dans les plus brefs délais."
http://www.ordredemaltefrance.org/index.php?/component/op...
18:17 Publié dans Z0 - Brèves - Actu chaude ou froide | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : franc-maçonnerie, francs-maçons, ordre de malte, solidarité, médicaments, pauvres, démunis
An 9
Un appel de l'ORDRE SOUVERAIN DE MALTE qu'aucun homme de coeur ne peut ignorer
Nous le relayons par devoir et nous l'appuyons par solidarité
"En avril 2007 le Parlement a adopté un texte qui met fin à la collecte de médicaments inutilisés en France.
Personne ne peut ignorer les conséquences de ce texte.
Le Gouvernement lui-même, en avait à ce point conscience que le Ministre de la Santé s’était engagé à promouvoir, en partenariat avec les Associations humanitaires et les laboratoires pharmaceutiques, la mise en œuvre de solutions d’approvisionnement en médicaments.
20 mois ont passé, les stocks de médicaments sont épuisés et les associations ont évalué avec précision les besoins qui relèvent de leur domaine d’intervention : pourtant, aucune proposition ou solution n’a été avancée par les pouvoirs publics.
Aujourd’hui, outre la responsabilité humanitaire, sociale et sanitaire de la France, l’enjeu porte aussi sur son image internationale et la valeur de sa parole.
Personne ne peut rester indifférent au sort des millions d’hommes, de femmes et d’enfants qui attendent que les médicaments indispensables à leur survie leur soient fournis.
C’est une responsabilité collective de la France à l’égard des pays les plus pauvres dont il s’agit.
Qui aurait assez d’inconscience morale et sociale pour abandonner 1 million de personnes démunies ?
Vous aussi, rejoignez-nous en signant ce manifeste, afin qu’une décision soit prise par les instances de notre pays dans les plus brefs délais."
http://www.ordredemaltefrance.org/index.php?/component/op...
10:20 Publié dans A0- A propos de ce Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : franc-maçonnerie, francs-maçons, église, catholique, chrétiens, athées, agnostiques