23/06/2014

Vers une police des mots?

Malaise en Malaisie!

Une porte ouverte à la police des mots. Une cour de justice locale vient de donner raison au gouvernement malais qui interdit aux chrétiens de ce pays d'utiliser le mot Allah (Dieu) dans leurs livres, publications, prêches... alors que cette utilisation est de pratique courante depuis des temps immémoriaux.

Une fois de plus la religion (ici musulmane) dans sa mouvance radicale impose sa loi et viole les droits de la minorité. Une fois de plus démonstration est faite de l'intolérance des uns contre la foi et le droit des autres. Une fois encore "Dieu" est crucifié par la sottise des hommes. Et une fois encore la chrétienté et en particulier l'église qui se prétend catholique payent le prix de leur intolérance passée.

Bien au delà de ces querelles religieuses c'est toute la diversité humaine qui se trouve ici remise en cause. Attendons-nous à voir chez nous aussi des "fous de dieu", de quelque obédience religieuse qu'ils soient, réclamer eux aussi cette même interdiction voire même d'autres qui pourraient concerner directement les Francs-Maçons.

Les instances internationales doivent au nom de la liberté de culte et de croyance et des Droits de l'Homme dénoncer cette prétention inadmissible de réserver à quelques uns l'emploi des mots du langage courant...

Sinon après être morts pour des idées nous finirons par mourir pour de simples mots.

Allalalalala....  faut quand même pas charia!!!

Allons Emmanuel... il est défendu d'en rire. 

21/05/2014

Lucifer et les Francs-Maçons (suite 1)

Un de nos lecteurs nous écrit en commentaire de notre note sur « Lucifer et les Francs-Maçons » :

http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2010/11/03/lucifer-et-les-francs-macons.html

« Bonjour, je m'appelle Salim et j'aimerai vous contester amicalement, car je ne suis pas d'accord lorsque vous dites : la Franc-Maçonnerie n'adore aucun dieu, ne rend aucun culte, ne délivre aucun sacrement, ne propose aucune forme de salut, de paradis, de récompense ultime.
Car si c'est le cas de certains francs-maçon, ce n'est pas le cas des autres. Certains vouent un culte au grand architecte. (par exemple Sege Moati) Concernant le paradis, les francs-maçons ont le leur (Orient Céleste ou Orient Eternel). il y a aussi les cérémonies religieuses lors des enterrements. la franc-maçonnerie est clairement une religion pour les hauts degrés.
Ce qui m'intrigue, c'est qu'on entend souvent dire que Lucifer a apporté la connaissance à l'homme.
Mes questions seraient alors : à qui l'a-t-il apporté ? quand l'a-t-il apporté ? de quel manière ?
Amicalement
 ».

Tout d'abord ne confondons pas la Franc-Maçonnerie et les Francs-Maçons.

Pour la première nous confirmons ce que nous avons écrit que « la Franc-Maçonnerie n'adore aucun dieu, ne rend aucun culte, ne délivre aucun sacrement, ne propose aucune forme de salut, de paradis, de récompense ultime. ». Et nous mettons au défi quiconque de démontrer le contraire sachant que nos textes sont très clairs « elle ne s'immisce dans aucune controverse politique ou religieuse et elle interdit tous votes ou motions susceptibles de contraindre la conscience ou les opinions des membres ».

Pour les seconds ils sont à l'image des sociétés dans lesquelles ils vivent. Multiples, divers dans leurs croyances, opinions... de même que les organisations maçonniques dont ils sont membres. On trouvera donc des maçons de droite et de gauche rarement aux extrêmes, des maçons qui seront juifs, chrétiens, musulmans (par ordre d'ancienneté de la religion considérée)..., voire pour celle que nous connaissons le mieux, catholiques, orthodoxes, protestants... comme ils pourront être blancs, jaunes, noirs, bistres... C'est là la grande réussite de la maçonnerie que de pouvoir réunir dans les loges des personnes aussi différentes sans qu'elles s'étripent au nom d'un parti, d'une croyance, d'une ethnie... D'où qu'on peut voir lors d'obsèques maçonniques des expressions de foi religieuse.

On trouvera de même des obédiences (réunions de loges) politiquement plutôt à droite et d'autres plutôt à gauche. Les mêmes pouvant imposer la croyance en un dieu révélé et d'autres la laïcité absolue. C'est tout cet ensemble qui constitue la FM dont les principes en matière politique et religieuse sont ceux rappelés ci-dessus, dont chaque membre reste libre de ses choix et engagements dans le respect de ceux des autres membres.

Pour la très grande majorité des maçons le Grand Architecte de l'Univers est un symbole fédérateur dans lequel certains verront le dieu des religions, d'autre un principe créateur, d'autres encore une force, une énergie... le hasard. Ce n'est rien d'autre qu'un support de méditation sur les origines, le sens et la destinée humaine, voire de la création toute entière. Là encore liberté de croire ou non. Respect de la liberté de chacun. La FM de tradition ne définit pas le GADL'U par l'un ou l'autre de ses attributs (c'est là objet de croyances) tout à la fois pour ne pas profaner ce qu'il  serait réellement et que les hommes ne pourront jamais appréhender dans sa totalité, pour ne pas le réduire à des conceptions humaines comme l'Amour, pour respecter la croyance de chacun de ses membres.

Il s'en suit que l'Orient Eternel qui n'est rien d'autre qu'un lieu de passage ne peut pas se comparer au paradis. Ici pas de félicité éternelle, de vision béatifique, de régiments de vierges lascives... mais un retour vers l'origine qui peut être aussi bien un plein qu'un vide, une totalité que le néant... sachant que jusqu'à présent personne n'est revenu pour nous dire ce qu'il en est vraiment. Pour un grand nombre de maçons le paradis et l'enfer sont ici et maintenant. Combattre le vice, l'ambition, l'intolérance, l'ignorance... qui sont des maux infernaux pour l'humanité au profit de l'harmonie, de la paix, de la solidarité... c'est le devoir maçonnique par excellence. On pourrait dire que c'est là la religion du Franc-Maçon.

En ce qui concerne les "hauts grades" beaucoup de sottises sur le sujet. Ces "degrés" (plutôt que grades qui emportent une connotation hiérarchique) ne sont que l'approfondissement progressif des degrés dits "symboliques" (apprentis, compagnons, maitres). Ils ne sont en rien l'expression d'une approche religieuse. La FM de tradition fait clairement mention de Jésus en tant que l'un des grands sages de l'humanité, en tant que porteur d'une bonne nouvelle et initiateur de ce qui est considéré comme "la plus belle religion du monde" (n'oublions pas que les inventeurs de la maçonnerie moderne étaient tous ou presque issus des écoles chrétiennes catholiques ou protestantes) dont la doctrine est fondée sur les trois vertus théologales de Foi, de Charité et d'Espérance ainsi que sur la Connaissance facteur de Liberté, sur le partage facteur d'Egalité et sur la reconnaissance de l'unité de l'humanité facteur de Fraternité. Ceci étant nul culte n'est rendu à l'homme-dieu Jésus (pas de messe, pas d'eucharistie, pas de confession publique ou non...). En aucun cas la FM ne se prononce sur sa résurrection.

Pour comprendre le mystère Lucifer il faut sans doute relire Isaïe. Il en ressort que Dieu est à la fois le bien et le mal, que la mission de l'homme est d'assumer le monde mais qu'il n'a de cesse de trahir cette mission et de s'attirer les foudres divines. Pour que l'homme prenne en charge le monde il fallait qu'il sorte de la vision béatifique du paradis terrestre. Ce fut le rôle de Lucifer que de lui enseigner la science du bien et du mal par la transgression de l'ordre divin. C'est là une approche assez commune aux grandes religions. C'est une conception sur laquelle la maçonnerie ne se prononce pas.

Mais nous savons que l'homme est le produit de l'évolution des espèces. A un moment de cette évolution l'homme a pu prendre conscience de la transcendance (environ -100 000 ans avec le début du culte des morts et des ancêtres). Mais depuis ce temps l'homme a souvent considéré plus expédient de s'intéresser aux choses de la terre plutôt qu'à celles du ciel. Il s'est fait par là oublieux de la mission qui lui aurait été confiée pas le créateur. Il faut probablement voir là l'origine du péché originel romancé dans la Genèse. C'est l'affinement progressif de cette prise de conscience spirituelle qui a conduit au fil des temps à la naissance des grandes religions dont les derniers avatars sont le Christianisme d'une part et l'Islam d'autre part. Chacune ayant les mêmes prétentions hégémoniques. Ce sont ces prétentions le plus souvent obscurantistes que les Francs-Maçons combattent tout en respectant la foi véritable, sincère et désintéressée.

Lire aussi : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2010/11/03/lucifer-et-les-francs-macons.html

11/01/2012

Les vrais faux frères ou les pseudos-maçons chrétiens démasqués?

Le site "La Question" en question??? 

Sous couvert de la défense de la foi : Les vrais faux frères ou les pseudo-maçons chrétiens démasqués?

 Dans notre critique du site ultra-catholique « La Question »

 http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2012/01/01/la-gra...

 notre préoccupation d'alors était de faire pièce des affirmations relatives à la « Donation de Constantin » sur laquelle l'église romaine fonde ses prétentions à dominer le monde et notamment toute la chrétienté. Également de montrer à nos lecteurs comment, à partir de ce faux célèbre reconnu comme tel par Rome au cours du XIXème siècle, s'effondraient les condamnations papales portées contre la FM. Condamnations qui, rappelons-le, sont notamment à la source de l'antimaçonnisme et de ses cousins l'anti-judaïsme, aujourd'hui l'antisémitisme arabe, le complotisme, l'antirépublicanisme et ses lois... etc... et de l'agit-prop. permanente de certains groupuscules chrétiens radicaux.

 On se convaincra de l'extrémisme de ce site et de ses lecteurs en allant consulter ses pages en suivant le lien :  

http://lebloglaquestion.wordpress.com/ 

A les lire on comprendra mieux l'injonction de Voltaire à « écraser l'infâme ». Et on pourra légitimement s'interroger sur quel sens donner à l'étrange passivité des évêques français devant un tel déferlement de haine aux antipodes de la « loi d'Amour » proposée par les enseignements de l'Évangile?

C'est d'ailleurs cette interrogation qui nous a amenés à rentrer un peu plus dans le plan du site. C'est ainsi que nous avons découvert que la pensé inspiratrice de ces encagoulés de « La Question » (voir le bandeau du site et la page explicative :

http://lebloglaquestion.wordpress.com/a-propos/)

n'est rien moins que celle du célèbre philosophe contre-révolutionnaire Joseph de Maistre. On trouvera à la page Wikipédia :

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_de_Maistre

une biographie très complète de cet homme de lettre qui fut en son temps (avril 1753 - février 1821) un homme de quelque importance.

Pour nos lecteurs pressés quelques points repères : Joseph de Maistre* homme politique, philosophe, magistrat, historien, écrivain formé à l'école des Jésuites. Adhère aux idéaux du siècle des Lumières, devient Franc-Maçon en 1773 et le reste 40 ans durant, soit jusque huit années avant sa mort. Il s'efforce de concilier son orthodoxie catholique romaine et son appartenance maçonnique. Il refuse les thèses du pseudo complot maçonnique supposé avoir amené la Rév89. Il se lie d'amitié avec les grands penseurs maçonniques de son époque : Willermoz, Pascally, St Martin... qui furent avec quelques autres les fondateurs du « Rite Écossais Rectifié » mouvance maçonnique très imprégné de christianisme (dont la version romaine n'est qu'une part). Il atteint les plus hauts degrés de cet Ordre particulier ainsi que ceux de l'Ordre Martiniste très féru de ce que nous désignerons sous le vocable de « magie blanche ». Il s'efforcera d'apporter des novations aux pratiques maçonniques. Mais mal reçues elles provoqueront sans doute sa rupture avec l'Ordre maçonnique. Certaines sources affirment qu'en réalité il aurait été rejeté de ses loges d'appartenance pour des motifs peu honorables. Quoi qu'il en soit son ressentiment sera sans doute la cause de l'inversion de ses idées philosophiques. Renversement qui fera de lui dans ses dernières années un adversaire acharné de la maçonnerie, de la Rév89 et de l'idée républicaine.

 S'il est vrai qu'on peut trouver chez cet auteur des relents d'anti-judaïsme, de xénophobie, d'anti-maçonnisme... inspirés sans doute par son catholicisme intransigeant cela reste très éloigné des thèses supportées par le site « La Question ». De plus nous connaissons assez de nos frères dans les obédiences et prieurés qui pratiquent le Rite Écossais Rectifié pour savoir que la très grande majorité d'entre-eux est très éloignée de ces idées extrémistes. Sauf...

 … Sauf dans un micro-prieuré, dont nous ne citerons pas le nom par respect pour quelques-uns de ses membres que nous savons être de bonne foi et qui se désolent de ces orientations condamnables. Ce groupuscule sulfureux n'étant pas reconnu maçonnique ni par la Franc-Maçonnerie en France, ni par l'anglaise, ses membres abusés par son pseudo-christianisme ne peuvent malheureusement pas rejoindre les organisations maçonniques admises comme telles.

 Ce prieuré s'affirme en effet chrétien de stricte obédience catholique romaine et sa doctrine est toute entière celle qui est exprimée par le site « La Question » à l'extrémisme le plus radical. On comprend donc pourquoi ses auteurs, qui se réfèrent aussi explicitement au lefebvrisme schismatique mais auquel BXVI fait les yeux doux, se présentent « encagoulés » comme d'autres qui s'emburkent.

 D'où notre titre en forme d'interrogation :  

Les vrais faux frères ou les pseudo-maçons chrétiens démasqués?

 qui indique assez qu'un faux chrétien peut aussi cacher un faux maçon.

 Rien n'est, en effet plus éloigné du Christianisme, que la Franc-Maçonnerie qualifie de « plus belle religion du monde » (qui explique aussi la hargne islamiste contre elle), que les thèses véhiculées par ce site puant de haine jusqu'à la nausée. 

* Notons encore que de Maistre fut contemporain de l'Abbé Augustin Barruel (1741 - 1820), jésuite, célèbre pour son pamphlet antimaçonnique « Mémoire pour servir à l'hitoire du Jacobinisme ». Violemment opposé aux Encyclopédistes et à la philosophie des Lumières c'est un des plus importants propagateurs de la théorie du complot judéo-maçonnique qui aboutira un siècle plus tard à la publication des sinistres Protocoles de Sion. Selon Barruel les « Illuminés de Bavière »**, groupe paramaçonnique fondé par Adam Weishaupt, auraient infiltrés divers mouvements, dont la Franc-Maçonnerie, afin de provoquer la Rév89 et l'avènement de la république contre les rois et l'église romaine.

 Il n'est pas interdit de penser que les écrits antimaçonniques de Barruel, comme ceux de Maistre, furent des commandes de la hiérarchie romaine afin de justifier les condamnations papales et de provoquer un mouvement contre-révolutionnaire.

A suivre...

** A propos des "Illuminés de Bavière" on suivra avec profit le lien Wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Illumin%C3%A9s_de_Bavi%C3%A8re

ainsi que les liens attachés.

Egalement celui du site EsoOccult :

http://www.esoblogs.net/991/les-illuminati-un-peu-d-histo...

Attention nous ne partageons pas les orientations de ce site. Nous ne le citons qu'en raison de son étude sur les Illuminatis et les théories du complot qui nous semblent faire un point assez objectif de la question.

Note : Bien entendu nous donnerons une place aux commentaires éventuels des initiateurs du site "La Question" dès lors qu'ils respecteront les prescriptions rédactionnelles de notre blog (voir colonne de droite "Nous écrire"). 

 

10/01/2011

Un temple maçonnique vandalisé

Silence assourdissant des autorités religieuses

Dans le courant du mois de décembre 2010 le temple maçonnique de Lons-le-Saulnier (Jura) à fait l'objet de dégradations importantes par jet de liquide inflammable et tags diffamatoires (après celui de Strasbourg et quelques autres).

Promptes à dénoncer, et avec justes raisons, les actes hostiles contre les édifices cultuels et les personnes croyantes, les autorités religieuses signataires de la récente déclaration selon laquelle "nul ne peut être inquiété pour ses opinions religieuses et/ou philosophiques" (conforme à l'article X de la DUDDHC) font ici preuve d'une  surprenante indifférence.

http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2011/01/09/contre...

Deux poids deux mesures?

Décidément les Francs-Maçons ne sont pas aux yeux religieux des "frères" comme les autres.

03/11/2010

Lucifer et les Francs-Maçons

C'est une accusation récurente des anti-maçons que de nous attribuer l'adoration de Lucifer comme dieu. Cela vient des anciennes accusations papales de satanisme, reprises récemment du siècle précédent, dans les années 30, par l'évêque Jouin anti-maçon aussi acharné qu'antisémite. Pour ce faire il, et d'autres avec lui, se sont servi d'un faux document attribué à un maçon américain célèbre au XIXème siècle mais malheureusement tombé dans la folie du palladisme et qui décerna à une étoile bien connue des maçons le qualificatif de Lucifer.

Lucifer, Satan, diable, démon, ange(s) déchu(s)... les religions et les pouvoirs ont toujours développé une abondante littérature ayant pour sujet le mal personnifié par une figure démoniaque représentant généralement l'un des attributs du mal.

Le plupart d'entre-elles y ont vu un être crée ou non par la divinité mais toujours opposé à elle et ayant pour vocation la conquête du monde, la possession des hommes, la perversion de leur esprit et de leurs mœurs.

Cependant, le livre des livres des religions monothéistes, la Bible (réf BJ4/ CD-rom), traduite du Tanakh hébraïque en grec 2,5 siècles avant JC par 72 sages (Septantes), ne mentionne pas le nom de Lucifer, ne mentionne que tardivement le nom de Satan (Zacharie 3,1) et celui du diable dans Sagesse (2,24).

C'est Jérôme, le traducteur de la Bible en 385, qui traduira en latin (Vulgate) le mot vjn « NJS » par «le serpent » ou « le Satan » alors que ce mot indique un corps opposant une résistance et plus généralement le vice. Ce n'est qu'en 1546 que le Concile de Trente affirmera l'authenticité de la bible de Jérôme, cependant qu'elle avait été révisée (sic) au VIIIème siècle par Alcuin et Théodulphe, tous deux religieux l'un à Tours, l'autre à Orléans.

Il faut observer que le texte du Tanakh, partiellement attribué à Moïse, se situe au plan des principes d'humanité et non de l'humanité réelle ce que, semble-t-il, les traducteurs et réformateurs de la Bible n'ont pas compris ou voulu traduire pour ne pas remettre en cause la doctrine du péché originel. Doctrine officialisée en dogme par le Concile d'Orange sur lequel l'église romaine a fondé, à la suite de saint Augustin (IVème siècle), tout son système de domination des êtres et des pensées.

Si l'on examine l'origine des mots qualifiant le mal, le vice on voit que Lucifer désigne chez les Romains « l'Étoile du matin et du soir » soit « Vénus » (mais Vesper pour l'étoile du soir). Chez les Grec Lucifer est Phosphoros. En latin comme en Grec ce mot signifie « qui porte la Lumière ». Dans la Septante, on lit ὁ ἑωσφόρος ὁ πρωὶ ἀνατέλλων, qui signifie « le porteur d'aurore, celui qui se lève le matin ». Ce texte fait référence à un roi de Babylone qui aurait dit : « J'escaladerai les cieux, au-dessus des étoiles de Dieu j'élèverai mon trône, je siégerai sur la montagne de l'Assemblée, aux confins du septentrion. Je monterai au sommet des nuages, je m'égalerai au Très-Haut. » (Isaïe 13 et 14). C'est encore Jérôme qui utilisera abusivement le mot Lucifer pour traduire en latin le verset 14,12 «  Comment es-tu tombé du ciel, étoile du matin (Lucifer), fils de l'aurore? As-tu été jeté à terre, vainqueur des nations? ».

La tradition chrétienne des origines attribue ce qualificatif à Jésus lui-même. Dans le Nouveau Testament, il y a une mention de φωσφόρος, « porteur de lumière », « Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin (Lucifer) se lève dans vos cœurs » (Pierre 2:1:19)

Dans l'Apocalypse (Jean 22:16) Jésus se décrit comme ὁ ἀστὴρ ὁ λαμπρὸς ὁ πρωϊνός, « l'étoile du matin ». On peut trouver un écho de cet usage dans l'Exultet, le chant liturgique par lequel l'église romaine, durant la veillée pascale du Samedi saint, proclame l'irruption de la lumière dans les ténèbres, symbolisée par celle du cierge pascal qui vient d'être allumé.

Dans le Coran, la sourate 86 Al Tariq parle également de l'étoile du matin, et pourrait évoquer le Messie, Al Tariq signifiant à la fois l'étoile du matin et celui qui vient dans la nuit.

C'est un Apocryphe, le Livre d'Enock, qui crée le mythe des anges rebelles. Mais c'est le Moyen-Age qui fera de Lucifer un ange rebelle, déchu, tentateur, diviseur, roi des démons... et lui donnera ses représentations dont la plus connue est celle d'un diable rouge ou noir, cornu, aux pieds de bouc... C'est ainsi que naîtra la fiction bien arrangeante de Lucifer = Satan = diable = démon... dont l'église romaine fera le tentateur de l'humanité.

En fait, si l'on y regarde bien, Lucifer peut être assimilé à Prométhée qui, dérobant aux dieux le feu du ciel, apporte aux hommes la connaissance et les science. On sait que Prométhée subit le châtiment de son forfait en étant attaché au Caucase et livré à la rapacité des corbeaux, vautours et autres bestioles qui lui dévorèrent le foie.

De ce point de vue Jésus est aussi un héros prométhéen qui apporte aux hommes la connaissance de la nouvelle loi fondée sur l'Amour alors que l'ancienne loi, à laquelle peut être rattaché Prométhée, est fondée sur la contrainte qu'impose un dieu jaloux. Et l'on sait ce que les prêtres juifs (symbolisant toute cléricalité et non le peuple juif comme le  laissent entendre les racistes religieux ou non) ont fait subir de supplices à cet Etre de Lumière, fils de Dieu et fils de l'homme.

Loin donc d'être infamante l'accusation de luciférisme portée contre les Francs-Maçons à la suite des déclarations délirantes d'un Albert PIKE, vieillissant et tombé dans la folie du palladisme, tout au contraire de ce qu'affirment nos adversaires, nous honore puisque nous nous qualifions nous-mêmes de « Fils de la Lumière », que nous avons pour ambition de porter au monde « la lumière reçue au cœur de nos loges », « de rassembler ce qui est épars » de n'être « ni athées stupides ni libertins irreligieux »...

Cependant, si la Franc-Maçonnerie proclame l'existence d'un Principe Créateur sous le nom de Grand Architecte de l'Univers qui donne à l'homme le bien le plus précieux qui soit : La Liberté, don, transmission qui font ainsi du Créateur un "Etre" présent, pensant et agissant, nous devons rappeler avec force que la Franc-Maçonnerie n'adore aucun dieu, ne rend aucun culte, ne délivre aucun sacrement, ne propose aucune forme de salut, de paradis, de récompense ultime.

Néanmoins, la Franc-Maçonnerie porte les valeurs qui découlent de l'Espérance révélée par ce que la réalité du monde inspire de sens, de la Foi en un perfectionnement infini de l'homme et de l'humanité, de la Charité comme attention, assistance, amour portée à l'humanité et à chaque homme. 

Réjouissons-nous donc mes Frères et Sœurs de ce que Jésus - "Etoile du Matin" selon les saints Pierre et Jean et donc "Lucifer" selon la traduction de cette expression par saint Jérôme - nous soit l'une des « Grandes Lumières de l'humanité », celui qui a «initié la plus belle religion du monde », le « médiateur entre l'humanité et le Principe Créateur », de ce qu'il nous a donné « la Loi d'Amour ». Réjouissons-nous encore de ce que la Franc-Maçonnerie traditionelle proclame, comme à son origine, l'existence d'un Principe Créateur qu'elle laisse à ses membres le soin de définir selon leur coeur, que nos travaux soient ouverts « A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers » en présence de la Bible ouverte au Prologue de l'Évangile de Jean qui commence par ces mots « Au Commencement était le Verbe... qui était avec Dieu... qui était Dieu... qui était la Lumière Véritable… qui éclairait les Hommes... qui ne l'ont pas reconnue ».

 

Prométhée, Lucifer, Jésus...

et nous, petits hommes éclairés par leur Lumière,

animés par la Foi, la Charité et l'Espérance,

même combat contre l'ignorance, l'ambition, le fanatisme.

Mais qu'on ne fasse pas un mauvais procès d'intention. Nous savons et reconnaissons qu'il y a dans toutes les religions des croyants laïcs ou clercs qui sont à l'opposé de ces tares de la société et qui ont exercé ou exercent encore une influence positive sur la marche du monde. Ceux là sont l'objet de notre respect.

 

Voir aussi : http://lodgamour.blogspirit.com/archive/2014/05/21/lucife...