22.04.2008

Chroniques de la haine ordinaire!

http://montpellierplus.midiblogs.com/archive/2008/04/16/u...

Sans commentaire.

Ou plutôt si celui-ci : C'est tout à fait consolant de savoir que nous serons raccourcis en douceur grâce à la sollicitude du Frère Guillotin, médecin de son état et un peu bricoleur, qui fut, en bon maçon, très attentif au confort du condamné.

Sourions-en donc 

Emmanuel

16.04.2008

La question de l'avortement et l'anti-maçonnisme.

De l'antimaçonnisme au moyen de la lutte religieuse contre la contraception et l'avortement .

De très nombreuses églises et religions se déclarent, au motifs respectables du droit à la vie et de son respect, opposées aux lois relatives à la contraception et à l'IVG sous le prétexte que ces textes auraient été concoctés dans les loges maçonniques.

Outre que c'est faire injure aux promoteurs de ces textes, notamment Mr Neuwirth et Mme Veil, que de les penser inféodés, à la maçonnerie ou à quelque autre mouvement, il s'agit d'un mensonge grossier, propagé à l'origine par des maçons qui y ont trouvé occasion de se faire mousser à peu de frais.

Il est vrai qu'un ancien Grand Maître d'une des principales obédiences françaises fut, avec d'autres, l'un des artisans de ces évolutions sociétales. Mais il le fut d'abord en raison de ses hautes compétences médicales, internationalement reconnues, sans que son appartenance et ses fonctions maçonniques y soient pour grand chose.

 Il y a donc là, aux fins de discréditer les lois consécutives et d'alimenter l'anti-maçonnisme, utilisation abusive et bassement mensongère de la qualité maçonnique d'un homme de grande réputation .

Il est vrai que des maçons se sont exprimé publiquement, de manière individuelle ou collective, sur ces questions de société. Ils ne l'ont fait ni plus ni moins que n'importe quel autre citoyen donnant son sentiment sur tel ou tel aspect de la vie publique. Cela n'implique nullement que des lois soient sorties toutes armées des loges maçonniques.

Force est de constater que là encore les mouvements d'inspiration chrétienne, notamment catholiques, ouvertement soutenus par leurs églises, se font les complices, voire les acteurs propagandistes, de ces mensonges et de cette désinformation qui tient pour rien l'opinion publique et ses évolutions, l'indépendances des élus de la nation qui, comme une partie importante des citoyens, se réclament eux aussi des idéaux chrétiens.

Mettons donc les choses au point :

- L'église catholique, et dans son sillage les autres églises et religions, est (sont) opposée(s) à la contraception pour la raison du droit à la vie, de la vie don de dieu, parce que l'acte sexuel n'a qu'une fin "naturelle", la procréation, qui serait accomplissement de la volonté divine... Tout acte, voire toute intention d'acte, visant à empêcher cette fin est considéré comme faute, péché, crime... Il s'ensuit donc qu'aux yeux des églises et religions seules les relations sexuelles dans le mariage, et à l'intérieur de celui-ci, celles réalisées sans le recours aux méthodes non naturelles (pillule, préservatif...), sont licites.

Il y a là de la part de ces églises et religions une grande hypocrisie puisqu'aussi bien les fameuses méthodes, dites "naturelles", tant recommandées par les cléricaux, essentiellement fondées sur l'observation des cycles mensuels, font elles-mêmes obstacle au "plan divin". Tout comme le font de même les non moins fameuses recommandations papales d'abstinence et de chasteté conjugale ou non.

De même les églises sont opposées à l'interruption volontaire de grossesse médicalement assisté (IVG) au nom des droits précédents. Et ce sans aucune prise en compte des conditions de survenance de la grossesse, de la situation de la famille où elle survient, de celle de la femme, qu'elle soit consentante dans le meilleurs de cas, ou obligé de la subir dans la pupart des cas. On nous objectera que faire un enfant est un acte responsable qui engage toute la personnalité des parents. C'est vrai. Mais la réalité des situations dément depuis des millénaires cette vision idéale.

Prôner comme le font les clercs que la conception est la finalité de l'acte d'amour c'est en fait réduire cet acte à la seule dimension utilitaire de reproduction de l'espèce et c'est tenir pour rien les autres raisons qui interviennent dans la décision plus ou moins consciente de faire un enfant.

De tous temps les hommes ont cherché à contrôler leur fécondité. A tenir un équilibre entre la continuation de l'espèce et la survie immédiate. Ce fut vrai pour les premiers hommes, cueilleurs-chasseurs, pour qui l'enfant était un gage de renforcement du clan en même temps qu'il ne devait pas être un handicap pour sa mobilité dans la recherche de l'indispensable nourriture. Ce l'est encore pour les peuples évolués, dispensés pour beaucoup de l'angoisse alimentaire immédiate, mais toujours confrontés à des conditions de vie quelques fois précaires mais le plus souvent difficiles, voire très difficiles.

De tous temps les femmes ont donc eu recours à l'herbe des anges et à l'avortement. Jusqu'à une date récente la contraception, bien qu'interdite, était admise dès lors qu'elle restait discrète et n'était pas de notoriété publique. Jusqu'à une date récente encore, l'avortement, même s'il était officiellement condamné, règlait bien des drames humains, ou arrangeait bien des intérêts familliaux, dans des arrières cuisines, sous le regard compatissant d'un crucifix, mais au prix d'une terrible boucherie qui condamnait aussi sûrement l'enfant à naître que la mère élevée au rang de criminelle.

Boucherie face à laquelle on n'a pas beaucoup vu les églises et religions, généralement placées du côté des puissants, s'élever avec force, hormis quelques vagues textes, alors qu'on les voit s'ériger en virulents censeurs de lois qui tentent seulement d'apporter un peu d'ordre dans le chao des détresses humaines nées de grossesses non désirées, un peu d'humanité et de sécurité dans un acte où le barbare le disputait souvent au sordide.

Si la contraception doit être considérée comme normale pour assurer les équilibres démographiques, il faut affirmer avec force que l'avortement, sous toutes ses formes et surtout lorsqu'il est utilisé comme moyen contraceptif ordinaire, est un fléau plus que millénaire qui est et qui reste un crime contre la vie humaine.

Ce n'est pas pour autant qu'il faille déplacer le débat sur le terrain de la guerre idéologique à base de projet théocratique et tenir pour rien ni l'état des connaissances scientifiques, ni l'ensemble des situations humaines, sociales, économiques et autres qui peuvent amener un femme, porteuse de la vie, à envisager la supression de cette vie.

Que dit la science à ce sujet? Qu'on ne sait pas déterminer avec précision le moment du passage de l'état d'amas de cellules à l'état d'être humain en gestation. Qu'on ne sait pas dire ce qui les distingue? Est-ce le premier battement de coeur? Autre chose? A cela les religions répondent "est enfant à naître la rencontre née de l'acte d'amour", voire même "dès l'intention des deux parents d'accomplir cet acte" au nom d'une supposée intention divine qui illuminerait l'acte sexuel d'une lumière particulière. Pourquoi pas? Mais alors il faudrait prouver que cette "intention divine" a une quelconque réalité. Prudents, les scientifiques, se basant sur leurs constations, statuent pour la plupart entre 10 et 12 semaines après la rencontre des deux gamètes. Et c'est la limite au delà de laquelle il n'est plus en principe possible de pratiquer un avortement en milieu hospitalier (voir cependant la grande variété des dispositions légales pays par pays).

Ce n'est donc pas sur ce terrain là que doit porter le débat, voire le combat, jusqu'à plus ample information de source divine et/ou scientifique. Le combat doit porter sur ce qui fait la décision d'avortement. Et là on ne peux pas mettre sur le même pied d'égalité la grossesse issue d'un viol, d'un abus de faiblesse, d'un moment de passion amoureuse, voire même de soumission amoureuse. On ne peut pas non plus comparer la gamine irréfléchie et la femme mure sachant se qu'elle fait. Pas plus qu'on ne peut accepter comme équivalentes la situation de détresse d'une femme déjà mère et en situation précaire et celle la femme nantie soucieuse de son apparence et/ou de son confort, la femme peu éduquée et informée et l'intellectuelle parfaitement au courant des moyens contraceptifs "d'avant et d'après"....

D'où la nécessité de faire porter le débat sur l'éducation, l'information, l'aide, l'assistance... mais aussi sur les dispositifs d'accueil de l'enfant à naître,  également sur les conditions de vie de la grande majorité des hommes et des femmes de notre temps de telle sorte qu'aucun d'entre eux ne puisse plus être placé devant la nécessité de l'avortement.

Ce n'est donc pas en pratiquant le mensonge et la désinformation, en accusant faussement la FM d'être à l'origine de lois prétenduement iniques, que les églises et religions, lutteront efficacement contre le fléau de l'avortement. On y parviendra au contraire en réunissant les hommes et les femmes de bonne volonté et de toutes origines sur un projet de société "humaniste" au sens le plus élevé du terme.

Mais le veulent-elles? Ne sont-elles pas plutôt portées à instrumentaliser l'avortement pour en faire une machine de guerre contre des sociétés démocratiques, laïques dénoncées par elles comme étant "sans Dieu"? Dieu sur la définition duquel elles ne parviennent d'ailleurs pas à s'entendre et le leur étant évidemment le meilleur.

Il n'est pas sûr que les hommes aient besoin de dieux pour être hommes. Mais assurément "Dieu a besoin des hommes" pour se révéler. Il n'y a pas de révélation possible pour des hommes en désespérance. Il n'y a donc pas de devoir plus impérieux pour le "croyant", quelle que soit sa croyance, que de lutter contre les causes de la désespérance.

Comme disait l'Abbé Pierre "Le ciel oui mais pas sans les hommes".

Dans cette lutte contre la désespérance si des Franc-Maçons ont pu être de quelque utilité, au moyen de propositions de lois de progrès, nous devons, loin des anathèmes, nous en réjouir et travailler ensemble pour améliorer, compléter, rectifier s'il le faut les textes et les moyens afin que les hommes, allégés des fardeaux de la vie, puissent se tourner vers le ciel. Il faudra simplement veiller à ce que chacun puisse librement choisir la couleur de son ciel.

Emmanuel

 

13.03.2008

Pauvre Afrique! Ton antique sagesse fout le camp.

Lu sur le site Docteur Angélique de l'inégalable théologien catholique Arnaud Dumouch http://docteurangelique.forumactif.com/ :

 " Sachez que l'homme doit désormais prospérer dans la société sans appartenir à un ordre mystique, sans verser le sang. Dieu m'envoie vous aider à quitter la sorcellerie, le kong, le famla'a, le vaudou, les rose-croix, la franc-maçonnerie et tous les ordres mystique sans danger pour vous. Prospérez avec la force et la grâce de Dieu "PERE SOFFO (sic)

Voir sur le site suivant www.bureaulumiere.skyrock.com  qui sont l'inénarable père SOFFO et sa mama MARIE LUMIERE.

On y verra par exemple comment cet illuminé, grand fumeur de bananes, "exorcise" de pauvres bougres égarés dans une secte rosicrucienne. Semble-t-il la puissance divine ne lui paraît pas suffisante. Un bon bâton et des coups de pieds au derrière lui seraient plus efficaces que l'invocation du ciel. Voilà bien ici la démonstration de l'échec patent de plusieurs siècles d'évangélisation forcée.

 Merci à Arnaud Dumouch de bannir un à un les FM de son site pour mieux laisser la place à de tels errements. Et faire ainsi la preuve de l'obscurantisme des clercs. 

Vieille Afrique, vieille terre du père des hommes, où est ta sagesse ancestrale. Où sont tes sages qui savaient que derrière l'arbre multi-centenaire ou la moindre des herbes se tient le Principe de toute vie? 

08.03.2008

La Franc-Maçonnerie assassinée

Sous réserve de confirmation :

Le Grand Maître de la Grande Loge Régulière du Vénézuéla qui venait d'être réélu dans ses fonctions aurait été assassiné dans la nuit du 4 au 5 mars 2008. Des rumeurs font état d'un crime crapuleux. Mais d'autres sources fiables font état du fait qu'il se serait opposé à l'entrée en maçonnerie de personnages douteux proches du pouvoir vénézuélien.

Gémissons et espèrons.

Nonobstant l'incertitude nous présentons  à sa famille, à ses proches et à nos frères nos condoléances attristées.

Emmanuel 

17.06.2007

Les Protestants aussi

Ce lien suffit à lui-même :

http://www.blogdei.com/index.php/Franc-maconnerie

On n'y écrit pas que les Protocoles des Sages de Sion sont des faux. On y prétend tout le contraire en affirmant qu'on voudrait nous faire croire qu'il s'agit de faux. On y dit pas que ce sont des documents maçonniques mais on les classe dans la rubrique "Franc-Maçonnerie". 

Quant au repenti de la FM!!! Faux-témoin. Pauvre homme. 

Triste chrétienté!!!  

 

03.04.2006

A propos des "Protocoles des Sages de Sion"

Ce n'est pas nous qui le disons... mais nous sommes d'accord!

Après l'avoir sévèrement jugé dans un autre fil de ce blog ("Des armes contre nous" - A2- Du danger d'écrire sur la FM), rendons encore une fois justice au commentateur de la Famille Saint Joseph pour cette preuve d'objectivité :

""Les Protocoles des Sages de Sion" sont des documents antisémites rédigés à la fin du XIXe s. à Paris, par un russe du nom de Mathieu Golovinski. L’auteur voulait faire passer son ouvrage pour un document rédigé par un conseil de sages juifs, projetant d’anéantir la chrétienté et l’ordre existant, pour installer un pouvoir juif qui dominerait le monde. Tous les moyens étaient les bienvenus pour justifier cette fin : de la ruse, la violence, la guerre, jusqu’à la modernisation industrielle et le capitalisme". http://www.final-age.net/forums/

Nous y ajouterons, qu'à la suite des écrits de l'Abbé Barruel, de l'Encyclique "Humanum Génus" de Léon XIII et de leurs semblables, que la FM y est accusée d'être l'instrument de cette volonté de domination au travers un pseudo complot internationaliste judéo-maçonnique. Il est dommage que ces documents aient été repris au XXème siècle par bon nombre de religieux et de mouvements extrémistes d'inspiration chrétienne. Reprise qui a abouti à l'idéologie nazie et à ses horreurs et qui se prolonge aujourd'hui dans certains mouvements de l'extrémisme arabe (déjà évoqué) et occidental.

Pour preuve ce site : http://www.forum-orthodoxe.com/~forum/viewtopic.php?t=90&...

On y lira avec intérêt, sans doute aussi avec un peu de dégout et d'amertume, les longs développements abracadabrantesques d'une nommée Anne-Geneviève qui, parait-il, est une scientifique connue (sic). Sur ce même site faire une recherche sur "Franc-Maçonnerie" et une autre sur "Les Protocoles des Sages de Sion". Navrant pour des gens qui se disent "chrétiens".

Hélas, trois fois hélas!!! Pauvre humanité.

Emmanuel

Lire le texte des Protocoles : http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Protocoles_des_Sages_de... . Nous attirons l'attention de nos lecteurs sur le fait que nous n'avons auncun lien ni affinité avec ce site. Nous ne le citons que parce qu'il a publié en français le texte intégral de ces inepties dont les ravages se font toujours sentir. 

17.03.2006

De l'antisémitisme à l'antimaçonnisme

Aux sources de l'antimaçonnisme religieux et politique

"Déicide"! L'horrible accusation, lancée par l'Eglise contre le peuple juif, court le monde depuis des siècles. Et depuis des siècles, d'Encycliques en Protocoles des Sages de Sion et autres divagations allumées, elle (l'accusation) alimente l'antisémitisme, le racisme, le phantasme de complot internationaliste, celui du complot judéo-maçonnique et bien d'autres qui ont notamment donné naissance à la barbarie nazie et, de nos jours, alimenté la folie meurtrière du Proche-Orient.

Sans entrer dans la masse des détails historiques on peut considérer que cette accusation fut lancée au début du 10ème siècle afin de servir de justification à l'une des premières croisades. Elle fut ensuite souvent reprise pour donner un "ennemi" déclaré aux peuples écrasés par les pouvoirs civils et religieux. Il n'y a pas si longtemps qu'on pouvait encore lire dans un missel de l'Eglise catholique cette phrase "Prions aussi pour les perfides juifs afin que le Seigneur notre Dieu enlève le voile de dessus leur coeur et qu'ils reconnaissent avec nous N.S J-C", "Seigneur ne refusez pas votre miséricorde même aux juifs perfides..." (en italique dans le texte - Oraisons du Vendredi Saint - Missel Vespéral Dom Lefebvre - Imprimatur 1922).

Dans le Royaume de France, dès le moyen-Age, les juifs furent contraints de porter la "rouelle safranée" (ou jaune). Lorsque cette couleur désigne le métal "or" elle prend le sens de noble, de royal, de droit... Mais lorsqu'elle ne désigne que la couleur ou le métalloïde "soufre" elle est alors signe d'indignité, de bassesse. Le soufre est un métalloïde (métal non achevé) qui par sa nature intermédiaire est à la fois corrompu et corrupteur. C'est assez qualifier celui qui porte cette couleur "soufre" et qui en a de fait l'odeur. De nos jours encore ne dit-on pas "un jaune" pour qualifier un briseur de grève accusé d'être complice des patrons. Mais phonétiquement "soufre" est proche de "souffre" (souffrir, souffrance...). De même que "rouelle" peut s'entendre "rouez-le" ou "roué-l'est". La "rouelle safranée" peut donc s'entendre "roué l'est safrané" (fourbe le bazané) ou "rouez-le souffre" qui n'est rien d'autre qu'un appel à la vaindicte publique (battez-le pour qu'il souffre (comme il a fait souffrir le Christ)). L'étoile jaune de la dernière guerre n'avait pas d'autre sens auquel elle ajoutait cependant (mais sans la montrer explicitement) la Croix Gammée ou Svastika involutive qui disait assez le sort que le régime nazi réservait aux juifs par le moyen de la "roue du feu".  

A bien y regarder, pour une personne mal intentionnée, cette accusation serait déjà présente dans les Evangiles qui disent "Quant à Jésus il le livra à leur bon plaisir" (Luc c23-v24), "Alors il (Pilate) leur livra pour être crucifié" (Jean 2 c19-v16)... Ceux à qui Jésus est ainsi livré sont les Grands Prêtres de la religion hébraïque et par extension tout le peuple juif. La description du personnage de Judas, le traître, le comploteur, l'avaricieux, l'envieux, la bête immonde qui agit dans l'ombre dresse le personnage du juif manipulateur et cupide. Même le reniement de Pierre pourrait faire du juif un être sur lequel on ne peut pas compter, toujours prêt à trahir ses amis.

Avant même cela, dans l'Empire Romain, Cicéron (vers 59 avant JC) nous fait une belle démonstration d'antisémitisme "les juifs... un peuple ennemi... une religion, une superstition barbare, incompatible avec l'éclat de l'empire, la majesté du nom, les institutions de nos ancêtres.." et de fixation conspirationniste (les juifs étaient du parti de César contre celui des aristocrates auquel se rattachait Cicéron) dans ses défenses relatives au procès de Lucius Flaccus considéré aujourd'hui comme une mauvaise cause. Avant lui encore l'un de ses maîtres, Appollonius Molon, avait écrit un traité contre les juifs athées, lâches...

Et c'est ce type de discours, des milliers de fois répété, qui va alimenter l'antisémitisme occidental et l'obsession du complot qui se répandra dans toutes les directions du monde et franchira l'obstacle des siècles.

Ici nous ne pouvons mieux faire que de donner un extrait du blog de Pierre Bilger citant un ouvrage de "... Frédéric Charpier, chez Bourin Editeur, consacré à L'obsession du complot mettant en lumière la manière dont le mythe conspirationniste naît, se développe, s’amplifie et s’incruste dans l’inconscient collectif sans que, la plupart du temps, même les évidences les plus criantes puissent y mettre fin. Le propos de l’auteur est d’analyser et de démonter de manière chronologique et documentée les épisodes les plus marquants de la saga conspirationniste qu’il fait commencer à la fin du dix huitième siècle à Londres avec la première théorie du complot de l’abbé Baruel qui révèle que la Révolution française" n‘est que le succès d’une machination infernale orchestrée par des sociétés secrètes(...) et n’est le fruit ni du hasard ni de l’improvisation". Franc-maçons, juifs, ploutocrates, papistes, communistes, complexe militaro-industriel et j’en passe, sont autant, tour à tour, d’inspirateurs et d’acteurs de ces complots auxquels l’imagination conspirationniste attribue la responsabilité directe de beaucoup de grands évènements de l’histoire. Depuis l’exécution de Louis XVI jusqu’aux disparitions de Pierre Bérégovoy et de la princesse Diana en passant par l’assassinat de John Kennedy et le 11 septembre, les circonstances de la plupart des grands évènements tragiques de l’histoire trouvent ainsi des explications d’apparence simple et cohérente auxquelles leur large diffusion assure au fil du temps un enracinement face auquel les efforts de ceux qui veulent rétablir périodiquement la réalité des faits ne peuvent être que vains et désespérés. La conclusion de Frédéric Charpier est désabusée : "La crédulité, la superficialité et l’ignorance semblent devenues irrésistibles alors que les mutations du monde restent encore inexpliquées et à analyser. Or, comme l’écrit Hoftstadter, les théories du complot ne surgissent jamais inopinément. Destinées aux « esprits superficiels et paresseux », elles bourgeonnent lors de séquences historiques troublées ayant suscité une « grande anxiété » et prolifèrent sur la peur et l’incompréhension. Guerre, épidémie, disette, émigration, crise économique, monétaire ou sociale, révolution, assassinat à forte valeur symbolique, autant d’évènements dont on ne saisit pas toujours d’emblée les causes et auxquels on a souvent du mal à se résigner. La plupart des théories conspirationnistes naissent dans ces moments singuliers et tourmentés. Il faut donc s’en méfier, les repérer et les considérer pour ce qu’elles sont. Car au-delà de leur caractère symptomatique, elles ne constituent qu’un exutoire en trompe-l’œil. Elles dénaturent davantage les problèmes qu’elles n’aident à les comprendre. Elles n’apportent pas plus de solution qu’elles ne résolvent d’énigmes".
La résistance des théories conspirationnistes à l’évidence des faits confirme de manière extrême que rendre accessible au public une présentation honnête de la manière dont tel ou tel épisode, quelle qu’en soit la nature, s’est déroulé et compter que le temps permette à l’opinion de le regarder avec plus de sérénité et d’objectivité sont probablement illusoires. En effet la désinformation laisse des traces dans la mémoire et les archives et continue à influencer la perception de ceux qui s’y réfèrent à nouveau sans avoir la volonté ou l’opportunité de le réexaminer en profondeur. Un deuxième livre, à travers la manière dont un épisode qui m’intéresse personnellement est évoqué, m’a confirmé dans cette opinion...". (http://www.blogbilger.com/blogbilger/2005/09/calomnie.htm...)

Ce ne sont malheureusement pas les démonstrations de "repentance" qui y changent quoi que ce soit, tant ces idées, mille fois reprises, sont imprégnées dans les esprits insécurisés et abêtis de notre époque. Dans un post précédent nous avons analysé le contenu des Encycliques papales. Mais de nombreux autres textes parurent sur ce même thème de l'antisémitisme, du conspirationnisme, de l'antimaçonnisme.

"... En Italie et en France, les principaux propagateurs des "Protocoles des Sages de Sion" furent des prêtres. Mgr Umberto Benigni qui lanca une croisade antisémite. Il publia en 1921 la première édition italienne des Protocoles en même temps qu'un autre prêtre défroqué, Giovanni Preziosi, sortait sa propre édition. En France, le Père Jouin fut l’un des plus connus des représentants de l’antisémitisme. Directeur d’un périodique spécialisé dans la dénonciation de complots imaginaires (Revue internationale des sociétés secrètes), fondé en 1912, il publia une traduction française des Protocoles. Il était en outre l’auteur de l’ouvrage Le péril judéo-maçonnique et revendiquait l’´honneur d’être l’inventeur de l’épithète "judéo-maçonnique". Elevé à la prélature par le pape Benoit XV, il fut ensuite reçu en audience privée par Pie XI, qui le nomma protonotaire apostolique avec le titre de monseigneur. En 1797, l’abbé Augustin Barruel, dans ses "Mémoires pour servir l’histoire du jacobinisme", explique la Révolution de 17879 par l’action secrète et conjuguée des francs-maçons, des juifs et des sociétés secrètes, pour détruire les nations. "Le juif du Talmud" par le Père Auguste Rohling. "Francs-maçons et juifs (1880)" et "Les juifs nos maîtres (1882)" de l’abbé Chabauty . En 1891, le Père Henri Desportes publia un livre "Tué par les juifs" sur de prétendus meurtres rituels. De Mgr Léon Meurin "La franc-maçonnerie, synagogue de Satan (1893)". En 1905, le traditionaliste Isidore Bertrand sortait "La franc-maçonnerie, secte juive". Postérieurement aux Protocoles, il faut mentionner le Manuel de sociologie catholique (rééd. 1927) du R. P. Albéric Belliot. Plus récemment, Les derniers temps avant la fin du monde (1965) de l’abbé Jean Boyer, dans lequel l’auteur reproduit en annexe le texte des Protocoles des Sages de Sion. A cette énumération, qui n’a – de loin – pas la prétention d’être exhaustive, il faut aussi ajouter les textes férocement antisémites du Père Vincent Bailly, directeur de La Croix et ceux du virulent directeur de l’Univers Louis Veuillot...". Extraits du site http://www.librepensee.ch/Art_49_LP_127.htm 

Nous y ajouterons le site déjà mentionné de la Famille Saint Joseph qui reprend le thème éculé des "Illumiés de Bavière" pour justifier son antimaçonnisme.

Avant d'aborder "Les Protocoles des Sages de Sion", toujours abondamment diffusés sur Internet et qui, rappelons-le, figurent dans la Charte du Hamas aussi bien que dans les manuels scolaires de plusieurs pays arabes, que dans toutes les bonnes feuilles de divers mouvements politiques d'extrême droite ou d'extrême gauche, arrivons-en au fameux Abbé BARUEL cité précédemment dont on considère qu'il est à l'origine du mythe du complot judéo-maçonnique

http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=NUMM-49434&...

Il aurait été un des premiers historien à dénoncer, non sans mal, les origines maçonniques et véritablement diaboliques de la révolution Française. Il démontre, suite à la découverte de documents, que la révolution a été préparée dans les loges maçonniques, et suivant les instructions secrètes d'une secte, celle des Illuminés de Bavière - Illuminati, fondée le 1° Mai 1776 par Adam Weishaupt qui prit pour nom de guerre "Spartacus". Selon Barruel le but avoué de cette secte était de "détruire la famille par la suppression du mariage, anéantir l'autorité paternelle et maternelle par la main-mise de l'état sur l'enfant, la suppression de la propriété privée par le monopole d'état et le collectivisme et au besoin par la spoliation brutale"... Et cette secte désirait "étrangler le dernier prêtre avec les boyaux du dernier roi"...

NOTE (sous toutes réserves) Selon certains auteurs Hitler en aurait été membre et Marx aurait seulement remis la même idéologie au goût du jour... Le "manifeste" aurait été commandé à Karl Marx par la Ligue des Hommes Justes, émanation des Illuminés de Bavière, devenue la Ligue des Communistes... Chaque 1er Mai commémorerait, en réalité, la date anniversaire de la fondation de la secte... Les politiciens se disant êtres des républicains JACOBINS... travailleraient pour la SECTE maçonnique... et la République serait leur façade "légale"... (chacun appréciera ces quelques lignes tirées d'un site extrêmiste droitier).

.../... A suivre



De l'antisémitisme à l'antimaçonnisme (suite 1)

.../... Suite

L'ABBE BARRUEL

Dans son célèbre et bien connu ouvrage intitulé "Mémoire pour servir à l'histoire du Jacobinisme", publié à Hambourg en 1798 chez P Fauché - libraire, l'auteur se livre d'abord à un violent réquisitoire contre "les Jacobins" (du nom de ces Clubs qui se réunissaient dans le couvent du même nom à Paris rue Saint Jacques). Selon l'auteur ces Jacobins formaient "une secte sortie toute armée des entrailles de la terre pour renverser les trônes et les autels et répandre sur toute la surface de la terre les "droits de l'homme" et que tous les hommes sont "libres et égaux"". Il leur attribue non seulement l'origine et la conduite de la Révolution française mais aussi toutes les horreurs de la guerre et des différents épisodes révolutionnaires.

D'où vient l'idée qu'il s'agit d'une secte et non d'un groupe d'hommes éclairés, formés dans les écoles chrétiennes, ou d'individus avides de pouvoir et conjurés pour l'obtenir? Il est possible que l'auteur ait joué sur la proximité des mots "Jacobins" (du nom d'un ordre religieux relevant de la règle de Saint Dominique et d'un couvent situé rue Saint Jacques; du nom également du Club révolutionnaire qui s'est par la suite réuni dans ce couvent) et "Jacobites" (du nom d'une secte hérétique du proche-orient, fondée au milieu du premier millénaire après J+C, et ne reconnaissant en celui-ci que sa nature divine; du nom également des partisans de Jacques Stuart II, soutenu par Louis XIV, qui perdit le trône d'Angleterre au profit de Guillaume d'Orange et qui finit ses jours au chateau de Saint Germain en Laye où se formèrent, en France, les premières loges maçonniques dites écossaises")? Très vite l'auteur passe de quelques hommes à une volonté de complot généralisé, étendu à toutes les nations, ourdi depuis longtemps dans le secret "il faut que les Nations sachent que leurs révolutions font partie du grand complot". Mais si "la secte" est affreuse et doit être écrasée tous les sectaires ne sont pas mauvais hommes "tuez la secte mais laissez vivre le sectaire pour qu'il se repente", "la secte peut sembler dormir mais son sommeil sera le calme des volcans", "de nouveaux désastres apprendront aux peuples que la révolution Française n'était que le commencement de la grande dissolution universelle que la secte médite".

Vient ensuite une diatribe contre les philosophes où l'on voit apparaître pour la première fois une référence aux loges maçonniques et à la secte des "Illuminatis" qui, dit-il, s'unirent pour former "la conspiration universelle des adeptes de l'impièté, de la rebellion, de l'anarchie". Après avoir dit que cette conspiration fut antique et d'essence anti-chrétienne, Barruel cite les quatre premiers sectaires en la personne de Voltaire ("jaloux de Dieu"), d'Alembert ("au coeur froid qui ne pouvait rien aimer"), FrédéricII de Prusse ("qui n'a jamais connu la religion que par ses ennemis") et Diderot ("fou de la nature"). Pour lui est anti-chrétien tout homme "qui réduit tout à sa propre raison, rejette la religion et la révélation au nom des lumières naturelles... sous prétexte de maintenir la liberté, les droits de la raison et l'égalité de ces droits en tout homme".

Il semble en fait que Barruel appuie toute sa thèse d'une secte très ancienne sur la condamnation des chrétiens par Julien l'Apostat (331 - 363), empereur romain (361 à 363), élevé dans l'Arianisme par Eusèbe de Nicomédie et George de Cappadoce. Son ouvrage de référerence s'intitule "Contre les Galiéens" (chrétiens). Il y dénonce l'attitude des sectaire du Christ qui ont fait "de la plus belle religion du monde" un instrument du pouvoir "Les saints autels n'étaient à mon regard qu'un marche pied au trône des Césars" (Vers attribués à l'empereur Constantin, premier empereur chrétien de Constantinople). Il, Julien l'Apostat, y prétend aussi qu'il y aurait un enseignement caché (Gnose) et un Christianisme très ancien auquel le Christ, les Apôtres et les tous premiers chrétiens auraient donné toute sa portée universelle. Mais qu'après eux l'enseignement se serait dévoyé. Barruel s'en prend également aux Sociniens qui, vers le milieu du 17ème siècle, prônèrent un christianisme ouvert, tolérant, réduit au seul respect des enseignement du Maître Jésus, furent des précurseurs de l'idée de laïcité, affirmèrent que Jésus était homme (Mais homme parfait récompensé par Dieu (ils récusaient donc son origine divine)). Suit de la part de Barruel un long réquistoire contre l'Encyclopédie et les Encyclopédistes en tant que moyen et agents de la conjuration contre le christianisme. Dans le procès qu'il instruit contre ce qu'il appelle "la secte des philosophes" Barruel dénonce également l'éviction des prêtres de l'enseignement public et leur remplacement par des maîtres laïcs forcément athées, libres penseurs et libertins religieux, voire sexuels. Il y accuse (déjà) une société de plaisir entièrement organisée en vue de détourner les croyants de la saine et sainte religion catholique...

En bref lorsqu'on met et correspondance les écrits de Barruel et les différentes Encycliques papales de condamnation de la FM mais aussi de la société laïque, on voit bien à quelles sources la papauté et l'épiscopat, qui utilisent les mêmes expressions, termes, mots et procédés que Barruel, sont allés puiser la matière et la manière de leurs écrits contre la FM et l'évolution des moeurs.

On retrouvera cette matière et cette manière dans d'autres écrits, tels ceux de Taxil ou des rédacteurs des Protocoles, qui font encore les choux gras de tout ce que la terre compte, encore aujourd'hui, d'extrémistes religieux et politiques.

De nos jours on les lira ou entendra encore dans les écrits ou propos de certains clercs, comme l'évêque du Puy-en-Velay, Mgr Brincart, auteur d'une interview bien connue, dans laquelle il dit que "C’est pourquoi, autant il faut combattre la franc-maçonnerie en rappelant qu’elle est une forme particulièrement nocive de "gnose" (NB : Secte affreuse, selon Barruel), autant il faut poser sur les francs-maçons un regard d’espérance (NB : Tous ne sont pas méchants, dixit Barruel), regard né d’une authentique charité (NB : Du type de celle qui conduit tout droit à l'excommunication?) , car " rien n’est impossible à Dieu". Le fait que cet évêque affirme que "la FM est une forme nocive de gnose" ne fait que prouver son ignorance totale de ce qu'elle est réellement. S'il en avait ne serait-ce qu'une petite idée cet évêque, qui se montre ici sans grande intelligence, saurait que la FM, sauf à affirmer l'existence d'un "Principe Créateur" sous le nom de "Grand Architecte de l'Univers", ne professe, dans aucun de ses degrés, aucune sorte de croyance ni aucune doctrine de "salut". Alors que c'est précisémment ce que proposent les églises chrétiennes et la plupart des religions. 

.../... à suivre

13.02.2006

De l'antimaçonnisme en général

Dans cette rubrique on trouvera différentes expressions de l'antimaçonnisme politique, social, religieux... ou provenant d'ex-maçons qui se font plaisir en brûlant avec ardeur ce qu'ils ont adoré et/ou dont ils ont bien profité.